Elle a tout pour elle, et c’est tout son problème. Désormais officiellement candidate à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2016, Hillary Clinton bénéficie d’une notoriété sans égale et d’une incontestable expérience des affaires publiques.

Son prénom comme son nom sont connus de toute l’Amérique et bien au-delà. Elle a déjà passé huit ans à la Maison-Blanche en Première Dame très impliquée dans les équipes et batailles de Bill Clinton. Deux mandats durant, elle a siégée au Sénat et le législatif n’a ainsi pas plus de secrets pour elle que l’exécutif. Sa candidature à l’investiture démocrate de 2008 fait d’elle un vétéran des campagnes présidentielles, préparé à leur rythme effréné, leurs pièges et leurs coups bas. Et puis il y a l’apothéose, ces quatre années à la tête de la diplomatie américaine, sous le premier mandat de Barack Obama, l’homme neuf qui lui avait si cruellement barré la route alors que tout, déjà, la portait à la présidence.

Du monde et des Etats-Unis, il n’y a rien qu’Hillary Clinton ne connaisse. Si seuls comptaient les titres à entrer dans le bureau ovale, il faudrait la considérer comme déjà élue mais le problème est que cette candidate occupe le devant de la scène depuis si longtemps que son seul nom évoque un vertigineux voyage vers le passé.

Pour gagner, il lui faudra surprendre alors que les Américains savent ou croient tout savoir d’elle. Pour gagner, il lui faudrait arriver à incarner un renouveau alors que son ancienneté aux commandes est son principal atout et qu’il lui sera, qui plus est, difficile de jouer la rupture avec les années Obama, démocrate comme elle et aux côtés duquel elle a servi.

Et là n’est pas son seul handicap. Face à un tel poids lourd, aucun autre candidat ne s’est risqué à lui contester l’investiture. Sauf surprise, Hillary Clinton sera seule ou presque sur le ring des primaires démocrates et devra donc savoir intéresser l’Amérique à une bataille sans suspens alors que, côté républicain, les prétendants seront si nombreux, si différents et, souvent, tellement plus jeunes et surprenants que c’est là que sera la vraie bagarre, haletante et dont la toile et les télévisions feront, forcément, le spectacle de l’année.

La partie ne sera, non, pas facile pour cette trop évidente candidate dont les trop nombreux atouts dessinent pourtant un chemin, celui de la force tranquille, du super crac dont il serait absurde et dommage de se passer alors que l’économie se redresse, qu’il faut creuser le sillon et qu’il n’y a en face, chez les Républicains, que pugilats, conservatismes, surenchères à droite ou bien…

Ou bien qu’un autre nom fleurant tout autant le passé, celui de Bush,

Jeb Bush, fils et frère d’anciens présidents et face auquel Hillary, tiens…

Oui, incarnerait alors un vrai renouveau, celui de l’affirmation des femmes, d’une « championne des classes moyennes », dit-elle déjà, que ses seuls talents ont portée si haut contre un homme qui avait, lui, tout trouvé dans son berceau.

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