En Syrie s'affrontent un peuple et une dictature, le chiisme et le sunnisme et, mainteannt, les Russes et les Occidentaux

Elle est si complexe qu’il est bien difficile de s’y retrouver. Cette crise syrienne qui pourrait aujourd’hui mettre aux prises les Occidentaux et la Russie apparaît presque indéchiffrable car elle est devenue le premier enjeu de la bataille d’influence entre les deux religions de l’islam, chiisme et sunnisme, et leurs champions respectifs que sont l’Iran et l’Arabie saoudite. 

Lorsqu’une région aussi essentielle que le Proche-Orient se divise entre deux camps, les grandes puissances, Russie, Etats-Unis, Turquie, Union européenne, France en tête, se retrouvent inévitablement partie prenante à la bataille. C’est aujourd’hui le cas mais essayons, raison de plus, d’y voir clair. 

Tout commence en 2011, avec les printemps arabes qui, après les Tunisiens et les Egyptiens, font descendre les Syriens dans la rue. Eux aussi veulent la liberté, la démocratie, l’Etat de droit – tout ce dont les prive un clan au pouvoir depuis le début des années 70, la famille Assad, issue de la branche alaouite du chiisme alors que l’écrasante majorité de la population syrienne est sunnite.     

Les premières manifestations sont si pacifiques qu’on y va en famille, avec femmes et enfants, sans arme aucune, mais ces foules, le régime leur fait tirer dessus avec une telle sauvagerie qu’en quelques semaines, s’ouvre une guerre civile dans laquelle les insurgés marquent d’abord tous les points. 

Alors l’Iran chiite vole au secours de Bachar al-Assad tandis que les pays sunnites appuient l’insurrection. Très vite les services syriens relâchent de prison les plus illuminés des islamistes syriens afin qu’ils aillent combattre l’insurrection démocratique. Ces islamistes s’allient avec d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein afin de créer un nouvel Etat sunnite à cheval sur l’Irak et la Syrie. C’est la naissance de Daech, une aubaine pour le régime syrien qui peut ainsi  dire au monde : « C’est eux ou nous. Choisissez ! » et c est alors que plus personne ou presque ne s’y retrouve. 

Appuyés par les Kurdes, les Occidentaux concentrent leurs frappes contre Daech. Bachar al-Assad, lui, recourt massivement en août 2013 aux armes chimiques contre les populations soutenant l’insurrection. Paris et Washington décident alors de sanctionner ce crime mais, quand Barack Obama y renonce, à la dernière minute, le régime syrien en conclue que tout lui est permis et les Russes ne tardent pas à se dire qu’ils peuvent opérer un retour au Proche-Orient en allant y soutenir le pouvoir syrien. 

C’est ce qu’ils font en 2015 et, depuis, les Occidentaux assistent à la multiplication des crimes de guerre commis par le régime Assad avec l’appui d’une Russie qui croit n’avoir plus rien à craindre. Déjà devenue terre d’affrontement entre Iraniens et Saoudiens, la Syrie l’est maintenant entre Russes et Occidentaux.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.