Avec la Chine, la Russie et l’Iran, le président américain est "testé" par des puissances rivales, avec le risque de montée des tensions y compris militaires. C’est le rapport de forces de cette nouvelle période qui est en train d’être établi.

Le Président Joe Biden débarque d’un hélicoptère à la Maison Blanche, le 17 mars 2021.
Le Président Joe Biden débarque d’un hélicoptère à la Maison Blanche, le 17 mars 2021. © AFP / JIM WATSON / AFP

Joe Biden s’attendait à devoir faire face à un monde agité et périlleux, mais sans doute pas à ce point ! Moins de trois mois après son entrée à la Maison Blanche, le Président américain doit affronter trois crises simultanées, potentiellement dangereuses, avec trois rivaux, ou adversaires, des États-Unis.

Qu’il s’agisse des menaces chinoises de plus en plus précises contre l’île de Taiwan, de la montée des tensions autour de l’Ukraine avec la concentration de renforts militaires russes, ou encore de l’Iran qui menace Israël de représailles après l’attaque de son site nucléaire de Natanz… dans les trois cas, les États-Unis sont en première ligne. 

Dans ces trois dossiers explosifs, il y a un volet diplomatique et une dimension militaire, qui constituent autant de tests à la fois de la détermination personnelle du nouveau Président ; de la capacité des États-Unis à tenir le rang de superpuissance que Joe Biden revendique ; et enfin de la solidité des alliances que Washington tente de rebâtir après la négligence des années Trump.

Ces dossiers sont anciens et ont chacun son histoire et sa dynamique propre. Mais le fait qu’ils se rallument en même temps, au début du mandat de Joe Biden, est le signe qu’avec ou sans concertation, les rapports de force sont en passe d’être redéfinis.

Chacun a évidemment son agenda. La Chine multiplie les provocations en direction de Taiwan, tout en faisant savoir aux États-Unis qu’ils n’ont pas intérêt à s’en mêler. Washington maintient une ambiguïté stratégique sur son attitude en cas d’invasion de Taiwan : le Secrétaire d’État Anthony Blinken ne s’engage qu’à donner à Taiwan les « moyens de se défendre ». En attendant, les jeux militaires sont dangereux : on a pu voir ces derniers jours des photos de marins américains observer à l’œil nu en Mer de Chine le porte-avion Liaoning, fierté de la marine chinoise ; tandis que des pilotes de bombardiers chinois sont venus narguer les Taiwanais en leur disant par radio que leur espace aérien leur appartenait.

La Russie, quant à elle, a le levier des conflits mal éteints de l’espace ex-soviétique qu’elle peut rallumer pour exprimer sa mauvaise humeur ; et Vladimir Poutine n’a pas apprécié les premières sorties de Joe Biden contre lui. Ira-t-il jusqu’à relancer la guerre en Ukraine ? La menace est prise suffisamment au sérieux pour qu’Anthony Blinken et son collègue de la défense, Lloyd Austin, soient de nouveau au quartier général de l’OTAN à Bruxelles cette semaine.

L’Iran est un cas de figure plus complexe encore, puisque la semaine dernière s’est ouvert à Vienne un dialogue indirect entre Américains et Iraniens, en vue de relancer l’accord nucléaire de 2015. Des discussions jugées positives. Mais l’attaque, visiblement due aux Israéliens, du site d’enrichissement d’uranium de Natanz, a brouillé les cartes, et les États-Unis ont tenu à faire savoir hier qu’ils n’étaient pas impliqués.

Chaque dossier a donc sa dynamique propre, mais les États-Unis se trouvent face à trois pays qui ont de plus en plus de coopérations entre eux : la Chine vient de signer un partenariat stratégique avec l’Iran, et a des liens étroits avec Moscou.

Le scénario le plus optimiste est de penser que les acteurs du nouveau monde des années 2020 se testent, et en resteront là une fois les rapports de force établis ; le plus pessimiste en passe par des conflits plus ou moins ouverts. C’est, quoi qu’il en soit, un moment dangereux pour tout le monde.

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