Journaux et états-majors politiques comptent et recomptent mais rien n’est sûr. A la veille du vote de confiance que Silvio Berlusconi affrontera demain, les Italiens ne savent pas si leur gouvernement va tomber ou pas. La seule certitude est que cela ne se jouera qu’à quelques voix et que l’Italie, en tout état de cause, vit une crise rampante qui ne s’achèvera pas avec ce vote. Dans l’hypothèse où Silvio Berlusconi y survivrait, encore faudrait-il qu’il puisse reconstituer une coalition mise à mal par ses frasques et la sécession du parti de Gianfranco Fini, son ancien allié qui l’a obligé à poser cette question de confiance en rompant avec lui. Même s’il l’emportait demain, Silvio Berlusconi est à bout de souffle et, dans l’hypothèse où il perdrait, les élections anticipées opposeraient une droite sans chef et divisée par les rancœurs à une gauche sans vraie figure de proue ni programme clair. Ce n’est pas seulement la droite qui est en crise en Italie. C’est toute la scène politique mais on aurait tort de croire que cette situation n’est qu’italienne. Elle est européenne et américaine, occidentale en en mot, car des deux côtés de l’Atlantique, un malaise monte, toujours plus inquiétant. Aux Etats-Unis, non seulement Barack Obama ne parvient pas à trouver un modus vivendi avec la majorité républicaine que les élections du 2 novembre ont envoyée à la Chambre, non seulement la présidence américaine est semi-paralysée, mais le parti républicain a opéré un tel virage à droite que l’on ne voit plus très bien où va la première puissance mondiale. La Belgique est plus divisée que jamais et sans gouvernement, six mois après ses élections. En Allemagne, la coalition de droite d’Angela Merkel bat de l’aile car la chancelière a beaucoup perdu de sa popularité tandis que ses alliés libéraux plongent dans les sondages. En Grande-Bretagne, le tableau est semblable car, en s’alliant aux conservateurs, les libéraux-démocrates, un parti de centre gauche, ont pris leurs électeur à rebrousse-poil et voient fondre le crédit dont ils bénéficiaient. Les coalitions britannique et allemande sont fragilisées et en France, on sait. La gauche peine à se mettre en ordre de bataille alors même que Nicolas Sarkozy ne parvient pas plus à rebondir dans l’opinion qu’à reprendre en main sa majorité. Il y a une crise politique occidentale qui, au-delà des diversités nationales, a bien des causes en commun. Partout, aux Etats-Unis comme en Europe, le recul industriel, l’ampleur du chômage et la montée des nouvelles puissances économiques et politiques créent le même désarroi des opinions et des classes politiques qui ne savent plus comment enrayer un déclin relatif qu’elles en arrivent à considérer comme inéluctable. Partout, l’endettement des Etats et les mesures de rigueur qui en résultent mettent à mal les services publics et la protection sociale et ni les gauches ni les droites, nulle part, ne savent proposer de vraies réponses et ouvrir un horizon. Partout, enfin, de nouvelles extrêmes droites, nationalistes, démagogues et xénophobes, s’affirment jour après jour dans ce qui devient une crise de la démocratie.

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