viktor ianoukovitch se rend en chine, laissant une ukraine en pleine crise
viktor ianoukovitch se rend en chine, laissant une ukraine en pleine crise © reuters
**C’est une situation totalement mouvante. Les dirigeants ukrainiens voulaient un accord d’association avec l’Union européenne. Ils n’étaient plus loin de le signer car c’est en s’arrimant à l’Europe que leur pays pourrait se moderniser et s’inscrire dans l’économie mondiale mais ils y ont renoncé sous la pression russe avant de sembler, hier, se raviser à nouveau.** Alors que l’ampleur des manifestations pro-européennes ne se démentait pas dans le pays, le premier vice Premier ministre ukrainien a annoncé hier que l’Ukraine signerait « bientôt » cet accord d’association et de libre-échange avec l’Union et les responsables européens semblent y croire puisqu’ils envisagent, maintenant, une « feuille de route » conduisant à ce rapprochement. On ne sait pas. Tout peut encore changer et plusieurs fois. La seule certitude est l’incertitude de cette situation mais cette incertitude ne tient pas qu’à la versatilité des dirigeants ukrainiens, aux pressions économiques de la Russie et au rapport de force qu’impose, à Kiev, la détermination des manifestants pro-européens. Le problème est, d’abord, que cette crise s’inscrit dans l’histoire longue. L’Ukraine est une nation et son histoire millénaire est là pour le dire. L’Ukraine n’est sortie qu’il y a vingt-deux de l’Union soviétique et appartenait à l’empire russe depuis la fin du XVIII° siècle mais son identité est forte et la volonté de son peuple d’exister par lui-même dans des frontières qui lui soient propres ne s’est jamais démentie et s’exprime plus clairement que jamais dans les manifestations de Kiev. Quoi qu’en pense M. Poutine, l’Ukraine n’est pas qu’une province russe qui ne se serait éloignée de Moscou qu’à la faveur de l’effondrement soviétique mais ces deux pays n’en sont pas moins inextricablement liés par leur histoire commune, le nombre des mariages mixtes, la pratique du russe en Ukraine et le fait que toute une partie de l’économie de ce pays dépend de ses exportations vers la Russie. L’Ukraine a un pied en Europe occidentale, l’autre en Russie. L’Ukraine est entre deux Europe, exactement comme l’est la Moldavie, une autre ancienne République soviétique qui a signé, elle, ce partenariat avec l’Union mais qui est elle aussi divisée entre russophiles et europhiles et qui appartenait autrefois à la Roumanie, pays membre de l’Union européenne, exactement comme l’Ukraine a été historiquement disputée à la Russie par trois pays comptant aujourd’hui parmi les 28, la Pologne, l’Autriche et la Suède. On est là dans la zone grise du continent Europe, sur une ligne de fracture séculaire, et le deuxième problème est que la Russie cherche aujourd’hui à retrouver une grandeur perdue, à reconstituer son empire sous forme d’une union douanière, et qu’elle ne laissera évidemment pas sans réagir l’Ukraine et la Moldavie voguer vers l’Ouest. Quant au troisième problème, il est que les Européens se refusent à laisser la Russie remettre la main sur ses anciennes possessions mais ne sont pour autant pas prêts à ouvrir leurs portes à l’Ukraine, la Moldavie ou la Géorgie car cela leur couterait trop d’argent et que l’Union a trop de problèmes pour envisager de nouveaux élargissements. ### Aller plus loin : [Sur le site de France Inter, nouvelle démonstration de force des pro-européens](http://www.franceinter.fr/depeche-ukraine-nouvelle-demonstration-de-force-des-pro-europeens) [Les barricades reconstruites à Kiev](http://www.franceinter.fr/depeche-ukraine-les-barricades-reconstruites-a-kiev)
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