Rien n’est encore dit...

Signe que ses options internationales ne sont pas déjà définitives, Donald Trump n’a pas encore désigné son futur secrétaire d’Etat, l‘homme qui conduira sa politique étrangère, mais tout de même.

Un jour après l’autre, un tweet après l’autre puisqu’il s’exprime en cent quarante signes maximum, le président élu des Etats-Unis parait aujourd’hui avoir fait le choix de se rapprocher de la Russie pour mieux s’engager dans un bras de fer avec la Chine. Dès ses meetings de candidat, il avait fait comprendre qu’il pourrait s’entendre avec Vladimir Poutine qui ne lui avait trouvé, de son côte, que des qualités. Des mois durant, le président russe et le candidat républicain s’étaient renvoyés des compliments et Vladimir Poutine a remis le couvert la semaine dernière en estimant que le fait que Donald Trump « ait réussi dans les affaires montrait que c’était une personne intelligente qui se saisirait rapidement et pleinement des responsabilités qui l’attendent ».

Vladimir Poutine a toutes raisons de se montrer aussi confiant. Ni le futur président américain ni aucun de ses proches n’ont formulé un seul mot, pas une seule virgule de critique des bombardements russes sur Alep. Le conseiller pour la sécurité nationale de la future Maison-Blanche, Michael Flynn, s’est inscrit en faux contre ceux qui réprouvent le soutien de la Russie à Bachar al-Assad et figurait l’année dernière parmi les invités à un dîner en l’honneur de Vladimir Poutine organisé par l’une de ses chaînes de télévision.

Plus frappant encore, le président élu semble enclin à confier le département d’Etat au PDG du groupe pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson, qui a investi beaucoup d’argent dans le pétrole russe et compte parmi les amis personnels de Vladimir Poutine qu l’a décoré de « l’ordre de l’amitié », de l’amitié avec la Russie, bien sûr. On verra si cette nomination se confirme mais le seul fait que Donald Trump l’envisage indique à quel point il est désireux de s’entendre avec le Kremlin alors que c’est tout l’inverse avec la Chine.

Avec Pékin, Donald Trump a sorti les colts dimanche en déclarant qu’il pourrait renouer des liens avec l’autre Chine, avec Taiwan, la petite Chine insulaire et anticommuniste, si les dirigeants chinois ne faisaient pas des concessions sur leurs politiques commerciale et régionale. La tension monte, et très fort, avec Pékin tandis que c’est l’amour avec Moscou car M. Trump parait se désintéresser totalement de la Syrie, de l’Ukraine et de l’Europe entière alors que la Chine, à en croire l’un de ses plus récents visiteurs, est à ses yeux l’« adversaire le plus important » des Etats-Unis.

Partisan d’un « nationalisme économique », Donald Trump ne semble plus loin de sacrifier les alliés des Etats-Unis sur l’autel d’une bataille avec la Chine dans laquelle il a besoin d’une entente avec Moscou.

Pour les services de renseignement américains, il ne fait d’ailleurs plus de doute que les cyberattaques contre la campagne Clinton venaient de Moscou. C’est une hypothèse qui reste à prouver. Donald Trump l’écarte vigoureusement mais les élus républicains eux-mêmes en sont troublés et Vladimir Poutine n’y aurait eu qu’intérêt.

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