Tant qu’un nouveau gouvernement israélien n’a pas obtenu la confiance du Parlement élu mardi, le gouvernement sortant reste en fonction. Depuis la fin des bombardements de Gaza, ce gouvernement sortant négocie, via l’Egypte, une trêve de longue durée avec le Hamas et, selon le mouvement islamiste, un accord devrait maintenant être annoncé sous trois jours. « La plupart des obstacles ont été levés », déclarait hier, au Caire, l’un des négociateurs du Hamas, Tahar al Nono, après une entrevue avec le chef des services secrets égyptiens. « Des progrès importants » ont été enregistrés, a-t-il ajouté et, si tel était bien le cas, c’est dans une situation totalement nouvelle que le futur gouvernement israélien prendrait les rênes du pouvoir. Non seulement l’accord en négociation prévoit un complet arrêt des tirs lancés de Gaza sur le territoire israélien et, en contrepartie, une réouverture des points de passage avec l’Egypte et Israël, non seulement cette trêve serait de douze ou dix-huit mois renouvelables, mais un échange de prisonniers est également prévu. Contre la libération du soldat Gilad Shalit, enlevé en juin 2006, Israël libérerait un millier de prisonniers palestiniens parmi lesquels un grand nombre d’élus du Hamas et, semble-t-il aussi, l’une des plus grandes figures palestiniennes, Marwan Barghouti, un jeune membre du Fatah qui avait été l’un des négociateurs des accords d’Oslo avant de devenir l’un des principaux organisateurs de la seconde Intifada, au début de cette décennie. On ne peut pas exclure de nouveaux délais ni même un échec dans la dernière ligne droite. L'échange de prisonniers, notamment, pourrait être dissocié de la trêve, mais un accord paraît maintenant assez probable pour qu’on puisse en envisager, déjà, les conséquences. La première est que la possibilité de voir les islamistes du Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas reconstituer un gouvernement d’union nationale en serait renforcée puisque l’Egypte, artisan de cette trêve, pousse dans cette direction et se prépare, a aussi indiqué, hier, Tahar al Nono, à recevoir les deux partis au Caire, le 22 février, pour une conférence de réconciliation. La deuxième est que la reformation d’un tel gouvernement d’union permettrait aux grandes puissances, Etats-Unis compris, d’entrer en contact avec le Hamas à travers ses ministres et non pas des représentants d’un mouvement dont la charte continue de prôner la destruction d’Israël. La différence serait bien formelle mais extrêmement utile puisqu’il faut trouver les moyens de ne plus ignorer le Hamas pour aller de l’avant. La troisième conséquence, si l'échange de prisonniers se fait, serait que le Fatah disposerait, en la personne de Marwan Barghouti, d’un candidat de poids à l’élection présidentielle qui doit se tenir, en principe, sous un an. Très bonne tête politique, Marwan Barghouti est à la fois très populaire chez les Palestiniens et à même de négocier avec les Israéliens, comme il l’avait fait à Oslo. Dernier point, enfin, fondamental, le futur gouvernement israélien, même uniquement de droite, aurait alors du mal à refuser ce que lui demandent d’avance les Etats-Unis et l’Europe : la poursuite du processus de paix.

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