chypre prend des mesures pour éviter la fuite de capitaux
chypre prend des mesures pour éviter la fuite de capitaux © reuters
C’est un conflit vieux de 40 ans qui pourrait maintenant se dénouer car un énorme magot rend soudain la paix attrayante. Nous sommes en 1974. La dictature des colonels grecs s’essouffle à Athènes et sur l’île de Chypre, indépendante de la Grande-Bretagne depuis 1960, les tensions sont vives entre la minorité turque et la majorité grecque, quelques 80% de la population. Les plus extrémistes des Chypriotes grecs veulent le rattachement de leur île à la Grèce dont les colonels se disent, eux, qu’ils pourraient tenter de reprendre la main en faisant de cette bataille insulaire une cause nationale. Le président chypriote est renversé le 15 juillet. Des troupes turques débarquent aussitôt dans le nord de l’île. Loin de s’être renforcé, le régime des colonels grecs tombe le 23 juillet et, le 30, une ligne de démarcation est instituée le long de laquelle vont bientôt se créer deux Etats. Malgré d’innombrables négociations, toutes les tentatives de réunification ont échoué depuis et, après un énième échec, c’est la République de Chypre, la partie grecque de l’île, qui est devenue membre de l’Union européenne en 2004. Le provisoire semblait devenu plus que durable mais une odeur de gaz est venue bouleverser la donne. Entre les côtes de Chypre et d’Israël, entre celles, un jour, de la Palestine, de Chypre et d’Israël, les gisements de gaz dont on soupçonnait l’existence depuis longtemps se sont révélés gigantesques et de nature à modifier non seulement l’économie des pays riverains mais également celle de l’Union européenne qu’ils pourraient rendre moins dépendante des importations russes. Un trésor est enfoui sous l’eau mais, sans solution de la question chypriote, il serait bien difficile à exploiter. La Turquie ne laissera pas faire car elle ne veut pas que les Chypriotes grecs et les Israéliens dont les liens sont déjà étroits se partagent ce pactole sans que la République turque de Chypre Nord n’en profite elle aussi et sans que la Turquie elle-même, point de passage naturel de ce gaz vers l’Europe, ne puisse bénéficier de ses retombées. Des tentatives d’exploration se sont déjà heurtées à des mouvements de la marine turque. Il y a là tous les ingrédients d’une guerre bien classique, d’une guerre d’intérêts, alors même que les Chypriotes grecs, ruinés par leur crise bancaire du printemps 2013 et sous perfusion européenne, auraient un urgent besoin de pouvoir délivrer des permis d’exploitation pour remettre leur économie sur pied.
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