Les incohérences du trumpisme

C’est une semaine importante. Entre la réunion des ministres de la Défense de l’Otan mercredi, celle des ministres des Affaires étrangères du G20 jeudi et la traditionnelle conférence de Munich, le week-end prochain, consacrée aux questions géostratégiques, ce sera la première occasion, pour les dirigeants du monde, de voir et entendre les hommes de l’équipe Trump.

Peut-être en sortiront-ils avec les idées plus claires sur les intentions du nouveau président américain mais, pour l’heure, les signaux venus de Washington sont si contradictoires que le brouillard demeure épais.

Donald Trump avait commencé par s’en prendre à la Chine. Il avait même été jusqu’à mettre en question le principe de la Chine unique en menaçant de renouer d’étroites relations avec Taiwan. Il n’aurait pas pu faire pire pour les Chinois qui ont pour principe de ne pas avoir de relations diplomatiques avec les pays qui en entretiennent avec Taiwan, à leurs yeux provisoirement indépendante et partie intégrante du territoire chinois, et puis, jeudi soir, patatras !

Donald Trump s’entretient au téléphone avec le président chinois et la conclusion de cette conversation est qu’il reconnaît bien le principe de la Chine unique sans qu’il paraisse avoir obtenu, en retour, la moindre concession commerciale de Pékin. Ses conseillers lui ont-ils fait valoir qu’il avait été un peu vite en besogne ou une longue négociation s’est-elle amorcée ?

On ne sait pas mais le lendemain, rebelotte avec le Premier ministre japonais. Alors même que Donald Trump avait commencé, là aussi, par prendre le Japon de haut en raison du déséquilibre de ses échanges commerciaux avec les Etats-Unis, Shinzo Abe est reçu à bras ouverts à la Maison Blanche et emmené, samedi, faire du golf sur un parcours appartenant à M. Trump.

Les deux hommes se sont rapprochés dans une dénonciation commune des tirs de missile nord-coréens. Très bien. Logique, mais pour le reste ?

Mystère. Ce qui allait très mal semble maintenant aller très bien. M. Trump embrasse en même temps la Chine et le Japon qui ne sont pas exactement les meilleurs amis du monde mais, nouveau retour à la normale et faveur marquée à un allié traditionnel, il reconnaît au passage la souveraineté japonaise sur des îles de mer de Chine que Pékin et Tokyo se disputent

La Russie maintenant.

Elle devait devenir la grande amie du nouveau président mais, depuis le regain de tension en Ukraine orientale, la représentante américaine aux Nations Unies jure qu’il n’y aura pas de levée des sanctions contre Moscou tant que durera l’annexion de la Crimée, autant dire longtemps, et Donald Trump en personne félicite la Lituanie pour son soutien aux Ukrainiens. Il semble mécontent de Vladimir Poutine et devient, parallèlement, plus prudent sur le conflit israélo-palestinien puisqu’il vient de déclarer que la colonisation « n’aidait pas le processus de paix » et d’appeler la droite israélienne à « se montrer raisonnable ». Là aussi, c’est assez nouveau.

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