L’avait-il voulu ? L’avait-il souhaité ? Difficile à dire mais le fait est que Barack Obama, en pleine guerre de Gaza, n’a pas pu ne pas dire qu’il placerait cette crise en tête de ses priorités, dès mardi prochain, sitôt qu’il sera entré en fonction. « Mon équipe de politique étrangère sera prête, dès le premier jour, à s’engager immédiatement dans le processus de paix proche-oriental », a-t-il déclaré ce week-end mais reste, maintenant, à savoir comment. C’est la grande question car, au Proche-Orient, il n’y pas que la guerre de Gaza et l’interminable conflit israélo-palestinien. Il y a aussi le problème iranien – l’ambition, non déclarée mais évidente, de la République islamique de se doter de l’arme atomique et le soutien qu’elle apporte, en armes et en argent, au Hamas palestinien et au Hezbollah libanais. Il y a, aussi, la Syrie, alliée de l’Iran et autre soutien du Hamas et du Hezbollah, mais qui n’en a pas moins amorcé, l’année dernière, des pourparlers de paix indirects avec Israël afin de se réconcilier avec les Etats-Unis et de récupérer le Golan, annexé par les Israéliens en 1981. Il y a également l’Irak et, surtout, aux portes du Proche-Orient, en Asie du Sud Ouest, le bourbier Afghan et l’instabilité du Pakistan, pays de 150 millions d’habitants, puissance nucléaire depuis 10 ans et en conflit permanent, depuis six décennies, avec l’Inde, un milliard d’habitants et autre puissance nucléaire. Chacune de ses crises a ses raisons propres, enracinées dans l’histoire longue, mais toutes sont liées, dans un arc de crise où tout se tient. En théorie, tout devrait inciter Barack Obama à chercher, d’abord, un modus vivendi avec l’Iran. C’est l’urgence puisque le jour, plus très lointain, où la République islamique aura la bombe plus rien n’empêchera sa dissémination au Proche-Orient, que l’avenir deviendrait, alors, bien inquiétant, et que rien ne peut se résoudre dans la région, ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Palestine, sans le soutien ou la bonne volonté des Iraniens. L’Iran est la clé mais, à tout faire dépendre de lui, Barack Obama aborderait en demandeur, en position de faiblesse, les pourparlers qu’il entend ouvrir avec Téhéran et ce ne serait donc pas la meilleure manière de les mener à bien. Une autre option serait de commencer, au contraire, par la Syrie, d’isoler ainsi l’Iran, mais, là encore, à donner trop d’importance à ce pays somme toute secondaire, les Etats-Unis risqueraient de l’inciter à monter les enchères et, notamment, à vouloir remettre la main sur le Liban qu’il a toujours voulu contrôler à défaut de pouvoir l’annexer. Les risques de blocage seraient grands et puis il y a, là, maintenant, l’incendie de Gaza, non pas imprévisible mais imprévu, qui devrait s’arrêter dans la semaine mais qui a compromis pour longtemps l’espoir de voir Israéliens et Palestiniens parvenir à un règlement. Des deux côtés, les plus modérés, les colombes, souhaitent désormais que les grandes puissances, Etats-Unis en tête, prennent en main le dossier et imposent une solution. On ne s’en sortira plus autrement mais si Barack Obama choisissait cette option, il courrait le risque, a priori inquiétant, de commencer son mandat sur un échec.

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