Dans une semaine, le monde bascule...

Plus qu’une semaine. C’est vendredi prochain que Donald Trump devient président des Etats-Unis et, à l’approche de cette échéance, le pire n’est pas qu’on ignore si cet homme est ou non tenu par les services russes.

Ce point n’est pas précisément négligeable mais au moins y a-t-il doute, peut-être que oui, peut-être que non, alors qu’il n’y en a pas sur le foutoir qu’est son équipe – pardon de cette grossièreté mais quel autre mot employer alors que les ministres qu’il a désignés et que le Congrès passe en ce moment sur le grill disent très exactement le contraire de ce qu’il dit ?

Prenons le général Mattis, James Mattis, désigné pour prendre la tête du Pentagone, du secrétariat à la Défense, par un président élu qui n’a jamais adressé une critique à Vladimir Poutine et pourfend en public les services de renseignements américains. En moins coloré, le général Mattis devrait logiquement faire entendre la même musique mais non, pas du tout

Pour lui, le président russe essaie de « casser l’Otan » et la Russie a choisi d’être « un rival stratégique des Etats-Unis » auquel ils doivent « être capables de s’opposer (…) si leurs intérêts sont menacés ». Juste ou faux, ce n’est pas du Trump et voilà ce que dit le général des services américains : « J’ai un très haut degré de confiance dans notre communauté du renseignement » avec laquelle « j’ai eu une relation étroite dans toutes mes années de service ».

Avec le Pentagone, il y aura de la friture en ligne mais ce n’est rien à côté de ce qui s’annonce avec le département d’Etat, le ministère des Affaires étrangères. Pour occuper ce poste, Donald Trump a choisi le patron du groupe pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson, un ami personnel de Vladimir Poutine dont on aurait donc attendu qu’il soit sur la même longueur d’ondes que le président élu.

Eh bien non, pas du tout. Aux yeux de M. Tillerson, la Russie est « un danger dont nos alliés de l’Otan ont raison de s’inquiéter ». Non, il ne prône en conséquence pas la levée des sanctions économiques prises contre Moscou après l’annexion de la Crimée mais bien plutôt de « maintenir le statu quo jusqu’à ce que nous soyons capables de mieux comprendre les intentions de la Russie ».

L’armement atomique du Japon auquel Donald Trump avait dit ne pas voir d’inconvénient ? « Je ne suis pas d’accord », répond M. Tillerson. Un registre des musulmans auxquels M. Trump voudrait interdire l’accès des Etats-Unis ? Non il n’y est pas non plus favorable car il ne faut pas viser de groupe particulier. L’accord de libre-échange trans-Pacifique auquel le président élu est opposé ? Eh bien non, lui n’est pas contre et dans le même registre, le futur patron de la CIA considère, lui, que la capitale d’Israël est Tel-Aviv alors que Donald Trump entend transférer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Comment expliquer alors, l’ampleur et la publicité de ces désaccords ?

A défaut de pouvoir le faire, on constatera l’inexplicable mais disons soit que les responsables choisis par le président élu n’ont pas voulu risquer d’être rejetés par le Congrès soit qu’ils ont acté les fantaisies de leur patron et d’ores et déjà décidé de prendre les choses en mains. C’est assez neuf.

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