Ce matin, un tour du monde des capitales en essayant de leur trouver des traits communs...

Averse de pluie Vue de la capitale depuis la tour Montparnasse.
Averse de pluie Vue de la capitale depuis la tour Montparnasse. © Maxppp / Bruno Levesque

Vous savez ce qu'on dit : Paris n'est pas la France, alors j'ai voulu vérifier si Rome n'est pas l'Italie, Madrid, pas l'Espagne, Londres pas la Grande-Bretagne. En clair, si les villes capitales sont des exceptions sociologiques et politiques dans leurs pays respectifs. Et la réponse quasi unanime est oui, trois fois oui. Alors que la moitié de l'humanité vit désormais dans des villes, un chiffre en constante augmentation, les grands centres urbains sur-concentrent effectivement les richesses, la jeunesse, la diversité culturelle. Ce sont des villes monde qui souvent votent à l'inverse absolu de leur « hinterland ». Le chiffre le plus frappant pour comprendre ce fossé est peut-être celui des 285 villes américaines de plus de 100 000 habitants dont 283 votent démocrates. L'Europe aussi n'échappe pas à cette règle. Le dernier exemple en date est Vienne, la capitale autrichienne. Alors que le pays profond vote beaucoup pour l'extrême droite, c'est Vienne la cosmopolite qui continue de faire pencher la balance.

En clair, les capitales votent plutôt à gauche et sont plutôt moins conservatrices... C'est vrai que Londres, Madrid, Barcelone, Paris, Rotterdam, Berlin, Vienne donc, mais aussi New York, Bogota, Sao Paulo, ont des airs de club de gauche. Mais je dirai plutôt que ces villes capitales tiennent à leur singularité plus qu'elles ne votent à gauche. Elles sont plus rebelles, en fait, que vraiment à gauche. Elles sont souvent les premières à porter à leur tête des « maverick », comme on dit aux Etats-Unis. Londres a par exemple un maire musulman, comme Rotterdam. Berlin a été la première, avec Paris, à élire un maire homosexuel. Les capitales élisent aussi volontiers des femmes, comme Madrid, Barcelone, Rome ou Turin. Dans les deux derniers cas, ce ne sont pas des femmes de gauche mais issus de partis hors système.

Car parfois, ça ne donne pas forcément de bons résultats cette exception citadine... Ca peut parfois même confiner à la caricature : Reykjavik, a par exemple eu jusqu'en 2014, un maire, Jon Gnarr, élu sur la promesse de distribuer une serviette de bain à chacun de ses concitoyens et qui a inauguré son mandat habillé en dragqueen. L'ancien maire de Toronto, Rob Ford, pour sa part, a été pris la main dans le sac testant la qualité de la drogue d'un petit dealer de quartier. Un peu comme vingt an plus tôt, le maire de Washington, Marion Barry. Même excentricité, moins criminelle cependant, avec Antanas Mockus, l'ancien maire de Bogota, la capitale colombienne. Il a été élu deux fois, dont une fois en faisant campagne costumé en superhéros. Collant et cape incluse.

Il a plus sérieux et plus grave aussi : Rodrigo Duterte, ancien maire de Davao, la 2e ville des Philippines, vient d'être élu président après s'être illustré dans sa ville en faisant battre, parfois à mort, les petits délinquants et en voulant rétablir la peine de mort. Mais, je vous rassure, Mme Hidalgo, personne ne vous demande d'imiter ces confrères. Mais il est vrai qu'il faut parfois donner de sa personne, comme par exemple la nouvelle maire de Barcelone, Ada Colau, que je tenais à vous faire écouter.

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