Est-ce déjà la fin d’un grand espoir ? Alors que le Président palestinien, Mahmoud Abbas, a fixé, samedi, au 26 juillet prochain, la date d’un référendum sur les principes d’un règlement définitif avec Israël, alors que la population des Territoires pourrait, ou aurait bientôt pu, se prononcer en faveur de l’arrêt des attentats en territoire israélien et d’une paix fondée sur la coexistence de deux Etats le long de frontières de 1967, alors que tout semblait pouvoir changer, tout reprend comme toujours mais en pire. Non seulement une longue trêve entre le Hamas et Israël est en train de se rompre, non seulement les affrontements israélo-palestiniens redeviennent quotidiens mais le Hamas et le Fatah, les deux grands partis palestiniens, l’un gouvernemental, l’autre présidentiel, l’un islamiste, l’autre laïque, tournent leurs armes l’un contre l’autre. Les agressions du Hamas dont le Fatah est victime à Gaza suscitent, en représailles, des agressions du Fatah contre le Hamas en Cisjordanie. Morts et enlèvements se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu et des hommes du Fatah ont mis à feu, hier, les bureaux du Premier ministre et ceux du Parlement, des locaux officiels, des lieux de pouvoir du Hamas. Ce n’est pas encore la guerre civile mais ça commence à y ressembler et, sur la toile de fond des échanges de roquettes et de missiles entre le Hamas et Israël, l’espoir semble bel et bien partir en fumée. Tout y pousse car le Hamas, d’abord, a tout intérêt à ce que la situation se dégrade avec Israël afin que les efforts de paix de Mahmoud Abbas semblent relever de l’utopie, voire de la simple trahison de la cause nationale. Plus il y aura d’échanges de tirs, plus le Président palestinien sera pris entre deux feux mais ce n’est pas le seul problème. Israël, non plus, ne modère en rien ses réactions car il considère qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ce référendum du 26 juillet, ne se soucie guère d’en préserver les chances, ne croit pas que Mahmoud Abbas pourrait en retirer un clair mandat de négociation tant que le Hamas sera au pouvoir et n’a pas forcément envie, surtout, de devoir négocier son retrait de Cisjordanie qu’il préférerait organiser seul et à ses conditions. C’est sur la modération qu’on tire de tous côtés mais tout n’est pourtant pas, déjà forcément joué. Dominé par le Hamas, le Parlement palestinien s’est abstenu, hier, d’un vote de condamnation du référendum pour laisser des chances à de nouvelles discussions entre le gouvernement et le Président. Les Israéliens semblent vouloir, de leur côté, se donner un temps d’observation avant de passer à des opérations plus massives. Ce n’est pas déjà l’irréparable car le Hamas sait bien qu’il ne peut ni affronter Israël ni, moins encore le Fatah plus les Israéliens alors qu’il n’a pas un sou en caisse pour assurer les dépenses courantes du gouvernement. Les Israéliens ne peuvent ignorer quant à eux qu’un tracé unilatéral des frontières ne serait pas reconnu par le monde et ne garantirait pas leur sécurité à long terme. De tous côtés, on gesticule et montre ses muscles mais le dérapage n’est pas loin.

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