« Non », avait dit Benjamin Netanyahu le mois dernier. « Non » à une reprise des négociations avec les Palestiniens sur la base des frontières de 1967, avait dit le Premier ministre israélien. « Non » à tout partage de Jérusalem, avait-il ajouté. « Non », avait-il dit en un mot aux propositions que venait d’avancer Barack Obama et ce refus, martelé devant le Congrès qui l’avait approuvé à coup d’applaudissements continus, semblait enterrer tout espoir de paix à court ou moyen terme. On en était là depuis trois semaines mais, à en croire le Haaretz qui s’en fait l’écho ce matin, le président américain n’a pas renoncé à faire entendre raison au gouvernement israélien, le plus à droite que ce pays ait connu depuis sa création. Selon le quotidien israélien de référence, la Maison Blanche continue, jour après jour, de faire pression sur Benjamin Netanyahu pour qu’il accepte de reprendre des pourparlers aux conditions fixées le 19 mai par Barack Obama. Le temps presse, lui dit-elle et lui fait-elle dire en lui faisant valoir que, faute d’un geste de bonne volonté, les Etats-Unis ne pourront pas s’opposer à ce que l’Assemblée générale des Nations-Unies ne reconnaisse la Palestine dans les frontières de 1967 et ne leur donne force de loi sans qu’elles n’aient été modifiées par des échanges de territoires permettant d’intégrer les plus grandes colonies à Israël et de créer, pour les Palestinien, une continuité entre la Cisjordanie et Gaza, les deux morceaux de leur futur Etat. Aidez-nous à vous aider, disent les Américains à Benjamin Netanyahu car il ne reste maintenant plus que trois mois avant que l’Assemblée générale ne se saisisse, à sa réunion de septembre, de la demande de reconnaissance palestinienne. Cette reconnaissance, une large majorité des Etats membres est d’ores et déjà prête à la voter. France et Grande-Bretagne en tête, les Européens sont de plus en plus nombreux à envisager de le faire si des pourparlers ne reprenaient pas. Les Allemands eux-mêmes s’apprêteraient à faire savoir au gouvernement israélien que, faute de négociations, ils appuieront une résolution du Conseil de sécurité approuvant les propositions de Barack Obama. L’étau diplomatique se resserre ainsi sur Benjamin Netanyahu auquel la Maison Blanche fait comprendre qu’elle ne voudrait pas qu’il la mette en situation d’être seule à s’opposer à la reconnaissance de la Palestine alors que les Etats-Unis font tant d’efforts pour retrouver une popularité dans le monde arabe. La droite israélienne est aujourd’hui seule contre tous car Européens et Américains utilisent l’échéance de septembre pour tenter de la faire céder mais, pour l’heure, Benjamin Netanyahu ne veut rien entendre pour deux raisons. La première est que sa coalition volerait en éclats s’il ne maintenait pas son refus d’un partage de Jérusalem et d’un retour aux frontières de 1967. La seconde, la plus fondamentale, est que toute une partie de l’opinion israélienne, bien au-delà de la droite et de l’extrême droite, craint qu’un Etat palestinien ne tombe aux mains des islamistes et ne devienne, comme Gaza et le Sud-Liban, une plateforme de tirs contre Israël. Obsédés par cette crainte, les Israéliens s’enfoncent dans un isolement international chaque jour plus suicidaire.

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