Un dialogue s’est amorcé. Présents samedi, à Bagdad, à la conférence internationale sur l’Irak, Américains et Iraniens s’y sont entretenus en direct. « Constructif et efficace », ont jugé les premiers. « Un bon premier pas », ont déclaré les seconds et, de fait, décision a été prise de constituer des groupes de travail entre les pays limitrophes de l’Irak et de réunir surtout une nouvelle session de cette conférence, mi-avril, à Istanbul. Elle se tiendra, cette fois-ci, au niveau des ministres des Affaires étrangères. Dans cette crise, la diplomatie marque ses premiers points mais ce n’est pas la seule évolution encourageante au Proche-Orient. Bien décidée à précipiter un règlement israélo-palestinien afin de tarir la principale source de radicalisation de la région, l’Arabie saoudite prépare, parallèlement, un important sommet de la Ligue arabe, convoqué pour le 28 mars à Riad. La Ligue devrait réitérer à cette occasion son offre de paix de 2002 - la reconnaissance d’Israël par l’ensemble des pays arabes en échange de la création d’un Etat palestinien sur les territoires occupés depuis 1967. Cette proposition ne résoudra pas tout d’un coup de baguette magique. Il y a cinq ans qu’elle bute sur Jérusalem et la question du retour des réfugiés de 1948 dans ce qui est, maintenant, Israël mais cela n’a pas empêché Ehud Olmert de déclarer, dimanche, qu’il prendrait cette offre « au sérieux ». Les angles s’arrondissent entre Israël et les pays arabes car ils ont désormais un ennemi commun, l’Iran, face auquel ils sont de fait alliés. C’est si vrai qu’Israéliens et Saoudiens se concertent discrètement pour tenter de parvenir à des formulations acceptables pour tous et permettant l’ouverture de négociations auxquelles les Etats-Unis sont plus que favorables. Ce ne sera pas facile mais, des deux côtés, la volonté d’y parvenir est profonde et les choses bougent aussi sur le front syrien. Une adjointe de Condoleezza Rice vient de se rendre à Damas pour un échange de vue que le Département d’Etat a qualifié « d’utile ». C’est, maintenant, Javier Solana, le responsable de la diplomatie européenne, qui est attendu dans la capitale syrienne. Totalement isolée depuis que ses responsabilités dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri l’avaient contrainte à se retirer du Liban, la Syrie veut à tout prix sortir de sa quarantaine. Elle exhorte, pour cela, Européens et Américains à ouvrir avec elle un « dialogue global » sur l’Irak, le Liban mais aussi Israël avec lequel les Syriens ont eu, l’année dernière, des conversations officieuses dont est sorti un projet de plan de paix séparée. Ce document est dans les tiroirs car les Américains veulent, avant tout, obtenir des assurance syriennes sur l’Irak et le Liban mais il existe si bien que la Commission des Affaires étrangères du Parlement israélien en débattra le 12 avril prochain. Jamais autant de gens supposés ne jamais se parler ne l’auront autant fait.

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