Ca n’y est pas. Cette coordination des politiques économiques de la France et de l’Allemagne que Paris avait souhaitée, cet engagement de chacun des deux pays à ne plus prendre de décisions en ce domaine sans s’être concerté avec l’autre, ne figure pas dans les conclusions du conseil des ministres franco-allemand réuni, hier, à Berlin. Parce qu’elle entre en campagne électorale, parce que les partis de sa coalition sortante veulent rester libres des propositions qu’ils feront aux électeurs pour remporter les législatives de septembre prochain, parce que sa situation économique, aussi, est meilleure ou moins mauvaise que celle de la France, l’Allemagne n’a pas souhaité aller jusque là malgré l’insistance des dirigeants français. C’est, à tous points de vue, regrettable. Non seulement les deux pays auraient trouvé là le moyen de mieux résister à la crise et de mieux préparer sa sortie mais un exemple aurait, ainsi, été donné aux pays de la zone euro et, progressivement, de toute l’Union. A court, moyen et long terme, beaucoup de choses en auraient été changées en Europe mais, regrets ou pas, ce conseil des ministres commun n’en a pas moins été productif. La France et l’Allemagne, premier point, ont décidé de mettre en place des groupes de travail communs sur deux questions fondamentales : l’énergie, où les convergences sont loin d’être acquises, et l’automobile pour laquelle Paris et Berlin voudraient tenter d’œuvrer ensemble au développement de véhicules à moteur propre qui demanderait, évidemment, une mutualisation des efforts de recherche. Ce serait, là, une ébauche de politique industrielle commune dans un secteur primordial et les deux pays ont très vigoureusement affirmé – second point – leur volonté commune de faire adopter par le G-20, début avril, à Londres, ce renforcement de la réglementation financière internationale que l’ensemble de l’Union avait demandé le mois dernier. « Nous défendrons une position totalement identique », a déclaré Angela Merkel. Nous « défendrons les mêmes convictions et auront les mêmes exigences de résultats », a renchéri Nicolas Sarkozy. Non seulement les mots comptent en politique puisqu’ils engagent ceux qui les prononcent et qu’ils en sont, ensuite, comptables mais, en l’occurrence, ils traduisent des nécessités absolues, aussi bien pour ce qui est de l’énergie et de l’industrie automobile que du contrôle des marchés. Ces déclarations sont d’autant plus à prendre au sérieux que l’Allemagne, la France et l’ensemble de l’Union ont déjà marqué des points dans leur bataille contre les paradis fiscaux qui essaient maintenant, les uns après les autres, de donner des gages de transparence pour éviter un bras de fer qu’ils perdraient à tout coup. On voit là ce que la France, l’Allemagne et l’Union dans leur sillage peuvent quand elles le veulent. On mesure, là, le poids qu’aurait eu l’annonce d’une coordination économique entre Paris et Berlin mais, peut-être, cette idée fera-t-elle son chemin.

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