Entre Vladimir Poutine et les Occidentaux le climat devient out aussi détestable que lors des crises afghane ou même cubaine

Contre la Russie, le ton monte. Il est monté hier au Conseil de sécurité à propos de la Syrie. Il est parallèlement monté à Londres où la Première ministre Theresa May a jugé « hautement probable » que la Russie soit derrière l’empoisonnement, le 4 mars dernier, en Grande-Bretagne, d’un ancien agent russe retourné par les Britanniques et de sa fille venue lui rendre visite de Moscou. 

Hier, toujours, le ton est également monté à Paris où l’ancien président François Hollande a déclaré au Monde que  « si la Russie est menaçante – ce qui était clairement son avis – elle doit être menacée » mais commençons par cette tentative d’assassinat qui pourrait conduire le Royaume-Uni, a dit Mme May, à « prendre des mesures beaucoup plus larges » que par le passé contre la Russie. 

Ancien colonel du renseignement militaire russe, Sergueï Skripal avait été condamné en 2006 à 13 ans de prison pour avoir passé aux Britanniques des informations extrêmement sensibles mais avait été échangé, quatre ans plus tard, contre des espions russes détenus aux Etats-Unis. Il vivait depuis en Grande-Bretagne et c’est donc en territoire britannique qu’on l’a trouvé, il y a neuf jours, sur un banc, l’œil vitreux, en pleine détresse respiratoire, aux côtés de sa fille dont l’état n’était pas meilleur. Comme le policier qui les a secourus, ils sont toujours entre la vie et la mort et Theresa May a déclaré hier aux Communes qu’ils avaient été victimes d’un agent innervant développé par l’URSS dans les années 80. La première ministre a demandé des explications immédiates à la Russie qui a aussitôt déclaré n’avoir rien à voir avec cette affaire, « une provocation », dit-elle. 

Les relations russo-britanniques pourraient sérieusement se dégrader demain et en attendant, c’est un déluge de critiques que la Russie a essuyé hier au Conseil de sécurité où Français, Américains et Britanniques lui ont reproché de ne rien faire pour amener Bachar al-Assad a respecter la trêve de 30 jours exigée par la résolution 2401 du 24 février. « La Russie peut faire arrêter le bain de sang », a martelé l’ambassadeur français. « Est-ce que la Russie est devenue l’outil de Bachar al-Assad et au pire de l’Iran ? » a demandé l’ambassadrice américaine. « Arrêtez ces reproches sans fin » a rétorqué l’ambassadeur russe. 

A cette réunion, la tension était extrême et il parait maintenant presque inéluctable que Vladimir Poutine entame lundi prochain son nouveau mandat présidentiel dans un climat tout aussi détestable que lors des crises afghane ou même cubaine. Cela rappelle, oui, la Guerre froide, mais le plus inquiétant est que les Occidentaux ne savent en fait pas quoi faire pour endiguer l'aventurisme russe, que la Russie s’embourbe au Proche-Orient et en Ukraine et que tout le monde fonce ainsi dans le brouillard.  

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