Les choses bougent sur le front israélo-palestinien. Ce ne sont encore que des pointillés. Comme tant de fois, l’espoir peut être bien vite déçu mais le ciel, pourtant, oui, s’éclaircit. Première percée, les deux grands partis palestiniens, le Fatah du président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas, majoritaires au Conseil législatif depuis les élections de janvier dernier, progressent vers la formation d’un gouvernement d’union nationale, composé de personnalités indépendantes et de technocrates. Il y a six mois, maintenant, que cette idée est dans l’air. Elle vise à permettre la reprise de l’aide économique aux Palestiniens qui avait été suspendue après la victoire électorale du Hamas dans la mesure où la communauté internationale refusait de continuer à soutenir le gouvernement palestinien dès lors que, loin d’œuvrer à la paix, il refusait jusqu’à l’idée même d’une reconnaissance d’Israël, indispensable préalable à la coexistence de deux Etats. A plusieurs reprises, les négociations visant à la formation de ce nouveau gouvernement d’union avait été sur le point d’aboutir mais, là, l’essentiel est fait puisque le Hamas et Mahmoud Abbas se sont mis d’accord, ce week-end, sur le nom du futur premier ministre. Ce sera Mohammad Al-Chbeir, président, jusqu’en septembre dernier, de l’Université islamique de Gaza, un microbiologiste formé aux Etats-Unis et qui, pour être soutenu par le Hamas, n’en a jamais été membre. D’ici à la fin novembre, tous les portefeuilles devraient être attribués et l’Europe comme les Etats-Unis n’auraient alors plus de raison de poursuivre leur boycott du gouvernement palestinien avec lequel les Israéliens n’auraient plus de motif, non plus, de refuser le contact puisque ses membres ne seraient plus liés par la Charte du Hamas qui se réclame de la destruction d’Israël. Les obstacles à une reprise du processus de paix paraissent ainsi se lever et parallèlement, l’actuel ministre palestinien des Affaires étrangères, un membre, donc, du Hamas, a voté, hier, une résolution de la Ligue arabe appelant à la convocation d’une Conférence internationale réunissant les cinq puissances du Conseil de sécurité, Israël et les « parties arabes » - autrement dit les pays arabes et les Palestiniens - et visant à une « solution juste et globale du conflit israélo-arabe sur la base des résolutions internationales et du principe de la paix contre la terre ». Au moment même où il s’apprête à se retirer du gouvernement le Hamas vient, en clair, d’accepter l’idée d’un règlement de paix avec Israël. Cela ne veut pas dire que la paix soit pour demain mais, entre le vote de cette résolution par le Hamas et la formation de ce gouvernement de technocrates, elle n’est plus aussi impossible qu’elle l’était devenue en janvier. Elle devient même envisageable car Israéliens et Palestiniens sont dans l’impasse et que les Etats-Unis ont vitalement besoin d’un succès diplomatique.

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