Bien peu de gens y croyaient. Un fatalisme que tout semblait justifier empêchait d’y croire mais la tentative de règlement syrien amorcée par la conférence de Vienne est maintenant sur ses rails.

Une troisième réunion aura lieu demain, au niveau des ministres des Affaires étrangères. Elle aura été précédée, hier et aujourd’hui, de consultations préparatoires et si l’on est encore loin, très loin, d’un cessez-le-feu et, plus encore, de la paix, ce sont de vraies négociations qui se sont désormais ouvertes, aussi âpres qu'elles soient.

Elles sont difficiles car, avant même de pouvoir en arriver au calendrier de cessez-le-feu que les Etats-Unis tenteront de faire adopter demain, il y a au moins trois questions à résoudre.

Premier problème, quels sont les groupes d’opposition qui doivent être considérés comme terroristes et donc exclus du cessez-le-feu à venir entre le régime syrien et l’opposition ? Les pays sunnites, les Européens et les Américains, les soutiens de l’opposition, concordent avec les soutiens du régime, l’Iran et la Russie, pour considérer qu’al-Nosra et, bien sûr, Daesh n’ont aucun titre à âtre associés à un règlement de paix mais les avis divergent, en revanche, sur bien d’autres groupes que les uns considèrent comme terroristes et les autres pas.

Deuxième problème, une fois ce tri fait, qui - quelles personnalités et quels groupes - devrait prendre part à la délégation commune de l’opposition qui devra entrer, le moment venu, en pourparlers directs avec les représentants du régime pour modifier la Constitution et préparer des élections sous contrôle international ?

Là encore, les avis divergent car la composition de cette délégation sera cruciale pour l’avenir. Des listes circulent mais l’enjeu est tellement important que les Russes ont refusé de siéger hier dans les groupes de travail alors que les Iraniens y ont, eux, pris leur place.

Tout est extrêmement tendu et ne le sera pas moins demain car, troisième problème, la France veut obtenir des Russes et des Iraniens qu’ils usent de leur influence sur le régime pour lui arracher un accès humanitaire aux zones les plus dévastées et un arrêt de ses bombardements indiscriminés sur les populations civiles. C’est à un test de bonne volonté que seront soumis Iraniens et Russes auxquels il sera aussi demandé de cesser de s’en prendre à ceux des groupes d’opposition que la Conférence de Vienne n’aura pas désignés comme terroristes.

On est, autrement dit, loin du compte. Il n'y a pas de certitude, mais l’élément nouveau, celui qui a changé toute la donne, celui qui permet d'espér que ces discussions puissent aboutir, est que les Russes ont maintenant vu que, malgré leur soutien aérien et malgré l’appui des Iraniens au sol, les troupes du régime n’arrivaient pas à reprendre du terrain. Les Russes ont compris qu’il faudrait un compromis qui passera, un jour, par un retrait de Bachar al-Assad et c’est ce compromis que toutes les parties à ce conflit cherchent aujourd’hui.

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