Après une opération d’un commando israélien, c’est l’embrasement entre la bande de Gaza et Israël, avec le risque d’une escalade vers une guerre totale. Une de plus entre ces deux ennemis irréductibles.

Raid israélien lundi soir sur le bâtiment de la télévision du Hamas dans la bande de Gaza.
Raid israélien lundi soir sur le bâtiment de la télévision du Hamas dans la bande de Gaza. © AFP / Mahmud Hams / AFP

Dimanche à Paris, alors que le monde entier était réuni pour célébrer la paix de 1918, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou écourtait brusquement son séjour pour aller s’occuper de la guerre.

Une fois de plus, c’est l’embrasement entre la bande de Gaza et Israël, une escalade qui a des airs de déjà-vu et dont on ignore encore si elle se transformera, une fois de plus, en guerre totale, ou si la poussée de fièvre peut être arrêtée à temps.

A Paris, Netanyahou a rencontré Donald Trump et Vladimir Poutine, et a déclaré qu’il faisait « tout ce qu’il pouvait pour empêcher une guerre non-nécessaire ». Mais au même moment, une unité des forces spéciales israéliennes se trouvait au cœur du territoire palestinien, pour une opération qui a mal tourné, provoquant la mort d’un officier israélien et de sept palestiniens.

Depuis, c’est l’enfer, quelque 300 roquettes et mortiers ont été tirés hier à partir de la bande de Gaza vers Israël, et l’aviation israélienne a effectué des raids de représailles, dont l'un a visé le siège de la télévision du Hamas : l’escalade continue.

Tirs de roquettes palestiniennes tirées à partir de la bande de Gaza en direction d'Israël. La plupart ont été interceptées par le système antimissile israélien, mais certaines ont atteint des cibles civiles.
Tirs de roquettes palestiniennes tirées à partir de la bande de Gaza en direction d'Israël. La plupart ont été interceptées par le système antimissile israélien, mais certaines ont atteint des cibles civiles. © AFP / Said KHATIB / AFP

Comme toujours, la cause immédiate n’est que la dernière étincelle. L’opération clandestine a certes provoqué le déluge de roquettes, mais ces derniers mois ont été marqués par de fortes tensions, avec plus de 170 Palestiniens tués par des snipers israéliens lors de manifestations, et des tirs de roquettes qui ont révélé une portée allant jusqu’à Tel Aviv.

En fait, l’équation de la bande de Gaza est par nature explosive, et sans solution à court ou moyen terme. Les Israéliens s’estiment en état de légitime défense, et les Gazaouis en état de siège permanent, le dialogue de sourds est total.

Imaginez un territoire vingt fois plus petit que la Corse, une quarantaine de kilomètres de long, quelques kilomètres de large… De l’électricité quelques heures par jour seulement. Et deux millions d’habitants confinés dans ce minuscule bout de terre sans ressources, parmi lesquels des réfugiés arrivés en … 1948, lors de la première guerre israélo-arabe. Un huis-clos infernal.

Dimanche à Paris, le premier ministre israélien a déclaré qu’à ses yeux, « Il n’existe aucune solution politique pour Gaza, pas plus qu’il n’y en a avec l’État islamique ». S’il n’y a pas de solution politique, que reste-t-il ?

La difficulté est aussi due à la surenchère à laquelle se livrent les organisations palestiniennes. Depuis 2007, la bande de Gaza est contrôlée par les islamistes du Hamas, opposés au Fatah qui contrôle la Cisjordanie. Les deux mouvements ont tenté de vaines réconciliations, mais restent violemment rivaux.

La semaine dernière, Israël semblait disposé à un assouplissement du blocus, laissant même entrer à Gaza de l’argent qatari destiné au paiement des fonctionnaires, il y avait de la négociation dans l’air. Mais Gaza est une cocotte-minute, et sans solution politique, personne ne devrait s’étonner qu’elle explose.

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