Lorsqu’un feuilleton n’en finit plus de finir, il en devient confus. C’est ce qui se passe avec celui des négociations, des non-négociations israélo-palestiniennes qui en sont à un rebondissement toutes les trente-six heures, pendant que le président iranien arrive, lui, au Liban. Il y a huit jours, mardi dernier, c’était le déblocage. Benjamin Netanyahou allait demander à son gouvernement, autrement dit à l’aile droite de sa coalition de droite, d’accepter une prolongation de deux mois du gel de la construction dans les colonies israéliennes. Il allait proposer ce qu’il avait lui-même refusé le 26 septembre car les Etats-Unis lui avaient promis, en échange, un spectaculaire accroissement de leur appui économique et diplomatique et, notamment, leur ralliement à ce qui est l’une des conditions de Benjamin Netanyahou à un accord de paix, le maintien de troupes israéliennes à la frontière jordanienne de l’Etat palestinien qui devrait être créé. Le débat promettait d’être difficile mais il ne l’a pas été puisqu’il n’a pas eu lieu. Faute de pouvoir convaincre sa droite, le Premier ministre n’a tout simplement pas avancé cette proposition de prolongation du gel qui aurait permis aux négociations de se poursuivre. Mercredi dernier, Benjamin Netanyahou était on ne peut plus clairement en minorité au sein de son propre gouvernement. Le centre lui offrait, à demi-mots, de former une nouvelle coalition avec lui. On était près d’un coup de théâtre qui aurait totalement modifié la donne et que fait Benjamin Netanyahu ? Il colle, au contraire, à son extrême-droite en acceptant soudainement un projet de loi qui obligera toute personne non-juive désirant acquérir la nationalité israélienne à prêter serment à « l’Etat juif et démocratique d’Israël ». Cela ne concernera que très peu de personnes mais, sans même parler de ses relents racistes vivement dénoncés en Israël même, cette exigence a un sens politique. Elle revient à dire que la renonciation au droit au retour des réfugiés palestiniens n’est pas à négocier mais inscrite dans la loi israélienne. C’est une façon de signifier qu’il n’y a rien à négocier du tout, que l’Etat palestinien se fera aux conditions israéliennes ou ne se fera pas, et Benjamin Netanyahu enfonce le clou ce week-end. Le gel pourrait être prolongé, annonce-t-il, mais à la condition que les Palestiniens reconnaissent, d'abord, Israël comme Etat juif. De nouveau, un éventuel aboutissement des négociations devient un préalable. Benjamin Netanyahu ne saurait mieux dire qu’il fait tout pour enterrer ces pourparlers mais, loin d’en prendre acte, la Ligue arabe décide, alors, de donner un mois de plus aux Américains pour trouver le moyen de sortir de l’impasse. Le monde arabe ne veut pas rompre. Les négociations sont au point mort mais ne sont pas rompues et Benjamin Netanyahu assure, dimanche, aux ministres espagnol et français des Affaires étrangères qu’il veut toujours les conclure sous un an. Alors ? Alors tout semble désormais dire que ce Premier ministre ment et préfère sa coalition à la paix mais le fait est, pourtant, qu'aucune des deux parties n'est encore allée jusqu’à la rupture.

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