Au référendum de 2014, les nationalistes écossais avaient échoué à faire triompher l’indépendantisme, rejeté par 55% des électeurs...

L’Ecosse n’avait pas voulu d’une telle aventure mais elle n’en avait pas moins redonné la majorité au SNP, le Parti national écossais, celui des indépendantistes, aux élections britanniques de 2015 et aux élections écossaises de cette année.

Il y a maintenant presque dix ans que le SNP gouverne l’Ecosse où son influence est profonde et la Grande-Bretagne, la Commission européenne et toutes les capitales de l’Union vont très attentivement suivre son congrès qui s’ouvre aujourd’hui à Glasgow.

La raison en est que62% des électeurs écossais ont voté contre le Brexit.

Contrairement à l’Angleterre et au Pays de Galles mais comme l’Irlande du Nord et Gibraltar, l’Ecosse ne veut pas sortir de l’Union. Les Ecossais sont encore plus nombreux à s’y refuser qu’ils ne l’avaient été à rejeter l’indépendance il y a deux ans et le SNP devrait donc proposer demain un marché à Theresa May, la Première ministre britannique.

Ou bien elle trouve le moyen de faire sortir les Anglais et les Gallois de l’Union tout y laissant l’Ecosse et, peut être, l’Irlande du Nord ou bien le SNP organise un nouveau référendum sur l’indépendance qu’il pourrait alors bien gagner. Mme May a d’avance dit : « non ». « Nous avons voté en tant que Royaume-Uni, nous négocierons en tant que Royaume-Uni et nous quitterons l’Union européenne en tant que Royaume-Uni », avait-elle lancé la semaine dernière devant le congrès conservateur

Il y a, c’est vrai, un côté tricheur dans la position du SNP qui refuse de reconnaître les résultats d’un scrutin auquel il a participé comme tous les Ecossais mais, si l’indépendantisme l’emportait demain, Mme May serait bien obligée de faire avec. Avant de se retrouver devant un fait accompli et de voir partir l’Ecosse à laquelle pourrait se joindre alors l’Irlande du Nord, la sagesse devrait donc lui conseiller de négocier avec le SNP qui s’appuie sur un précédent dont on parle de plus en plus à Edimbourg.

Partie autonome mais intégrante du Royaume de Danemark, le Groenland s’était prononcé en 1982 pour un retrait des Communautés devenues aujourd’hui l’Union européenne. Cela posait un vrai problème car le Danemark, lui, le reste du royaume, voulait rester européen et que s’est-il passé ?

« Oui, que s’est-il passé ? », demandent les nationalistes écossais avant d’expliquer en long et en large que le Groenland est devenu associé à l’Union européenne comme la Grande-Bretagne pourrait le devenir au terme des négociations à venir, que le Groenland est sorti tandis que le Danemark est toujours membre de l’Union et que cela s’est fait alors que le Groenland et le Danemark ne font juridiquement qu’un.

D’où l’idée, avancée par le SNP, d’un « Groenland à l’envers », d’une Ecosse qui reste tandis que l’Angleterre part. Ce serait inattendu mais c’est à suivre.

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