L’Union européenne se retrouve vendredi à Bratislava...

Elle s’y retrouvera désunie, non seulement par le Brexit mais aussi, surtout, par les divergences entre ses 27 membres restants sur son avenir et les moyens d’organiser son rebond.

Au Nord, où les nouvelles droites europhobes sont particulièrement fortes, on ne veut plus que tenter de consolider ce qui existe, discrètement, pragmatiquement, et ne surtout pas faire de nouveaux pas sur la voie de l’unité afin de ne pas alimenter le souverainisme. Au Sud, on souhaite au contraire relever le défi de l’euroscepticisme par une relance des dépenses publiques et un développement de politiques communes donnant à voir l’intérêt de l’unité.

En Pologne et en Hongrie, on veut en revenir à une pleine souveraineté des nations, à une Union dans laquelle les institutions communes compteraient encore moins qu’aujourd’hui mais qui affirmerait, parallèlement, l’identité chrétienne de l’Europe et se montrerait moins sourcilleuse sur le respect de la démocratie. Et puis au centre, au cœur de l’Union, il y a la France et l’Allemagne qui entendent mettre ces divergences à plat, redéfinir des bases politiques communes et réamorcer ainsi le processus d’unification politique de l’Europe.

Elles n’y parviendront certainement pas d’un coup. Le danger d’un délitement de l’Union est aujourd’hui réel mais, à bien y regarder, la cause n’est pour autant pas désespérée. Prenons la Pologne et la Hongrie. Leurs actuels dirigeants détestent la Commission et le Parlement européens, rejettent tout ce qui pourrait s’imposer à eux au nom des traités et des décisions communes. L’Union est, à leurs yeux, source de décadence et d’immigration, mais ces pays sont en même temps très attachés aux financements européens dont leurs économies dépendent et comptent sur l’Union pour faire comprendre à la Grande-Bretagne qu’elle ne pourra pas conserver les avantages du marché commun et refuser l’accès de son territoire à leurs ressortissants et encore moins les en expulser.

Budapest et Varsovie n’aiment pas l’Union mais ne pourraient pas s’en passer. Qu’elles le veillent ou non, ces capitales devront contribuer à sa remise à flot et il y a un sujet, la sécurité intérieure et extérieure, sur lequel les 27 se retrouvent, sans exception aucune.

A l’heure du terrorisme, tous les Etats de l’Union sont favorables à un renforcement de leur coopération policière et au développement de capacités de Défense européenne. C’est par ce biais que Français et Allemands comptent remuscler l’Union en proposant, et ils l’ont fait dès hier, de doter l’Europe de moyens de transport militaires et d’un quartier général permanent, de capacités de projection commune et en même temps d’une recherche militaire commune ouvrant la voie d’une industrie de Défense européenne. La Défense n’est pas qu’une nécessité de sécurité. Elle est aussi fédératrice et porteuse d’avancées technologiques et d’une diplomatie commune, d’une affirmation économique et politique de l’Europe sur la scène internationale.

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