Où l'on voit que l'Union européenne et la Fédération de Russie devraient négocier leur complémentarité plutôt que de se perdre en manœuvres militaires

Militaires et d’ampleur, c’est manœuvres contre manœuvres. Aux confins des deux Europe, là où l’Union européenne et la Fédération de Russie atteignent leurs limites, quinze pays dont les Etats-Unis, 2 500 hommes au total, s’entraînent en Ukraine depuis lundi tandis que demain, en Biélorussie, le Belarus faut-il dire, des troupes russes et biélorusses, 12 700 hommes au total, seront déployées dans le cadre de l’opération Zapad 2017, Ouest 2017, qui pourraient en réalité mobiliser quelques 100 000 soldats en tout.

Les deux Europe se font face et montrent leurs muscles. Pour dire les choses comme elles sont, elles se préparent à la guerre en la simulant et il y a, malheureusement, de vraies raisons à cela. La Russie considère que les Occidentaux veulent l’encercler en étendant l’Otan jusqu’à ses frontières. Ce n’est plus le cas aujourd’hui mais, oui, ce le fut, et les pays sortis de l’URSS ou du bloc soviétique, Ukraine, Pays baltes et Pologne, sont convaincus pour leur part que l’annexion de la Crimée n’est que le premier pas d’une reconquête russe contre laquelle ils mobilisent l’Otan à défaut d’une Défense européenne qui n’est encore qu’un projet.

Des deux côtés, la peur règne, cette peur qui est si mauvaise conseillère. Les enchères montent en conséquence dans une surenchère totalement absurde et profondément dangereuse et, si rien n’est fait pour inverser cette tendance, eh bien, oui, à force de préparer la guerre, on l’aura comme on l’a déjà dans l’Est ukrainien.

Or il n’y a rien là d’inévitable. La Russie ne veut progresser dans ses anciennes positions que pour les empêcher d’entrer dans l’Otan. L’Otan ne peut pas, pour sa part, refuser sa protection à des pays qui en sont déjà membres ou aspirent à le devenir. La Russie, en un mot, ne veut pas d’Otan à ses frontières tandis que les Occidentaux ne veulent pas laisser le Kremlin rêver de reconstituer son empire perdu.

Des deux côtés, il y a une ligne rouge et le bon sens voudrait que chacune des parties reconnaisse les impératifs de l’autre, que les Occidentaux s’engagent à ne pas étendre leur Alliance tandis que la Russie, elle, s’engagerait à ne plus s’immiscer dans les affaires intérieures d’Etats qui ne sont plus ses protectorats.

Il n’y aurait rien là d’impossible. Il suffirait pour cela d’engager des négociations à cet effet, des négociations sur la sécurité et la coopération en Europe, de se diriger vers une neutralité de l’Ukraine, du Belarus, de la Moldavie et, plus à l’Est, dans le Caucase, de la Géorgie et de faire de ces pays des ponts entre l’Union et la Fédération, entre ces deux piliers du continent qui n’auraient qu’intérêt, c’est l’évidence, à organiser leur complémentarité.

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