La médiation française dans la crise iranienne reprend des couleurs après le départ du très va-t-en guerre Conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche. Un Sommet Trump-Rohani n’est plus exclu.

John Bolton, jusqu’à récemment Conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, et (au premier plan) Donald Trump, le 13 mai 2019.
John Bolton, jusqu’à récemment Conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, et (au premier plan) Donald Trump, le 13 mai 2019. © AFP / Brendan Smialowski / AFP

Le départ du très va-t-en guerre John Bolton de la Maison Blanche en début de semaine, suffira-t-il à infléchir la diplomatie américaine ? La question est ouvertement posée à Washington, au point que le limogeage spectaculaire par Donald Trump de son Conseiller à la Sécurité nationale, pourrait avoir remis en selle la médiation française sur le dossier-clé de l’Iran.

La semaine dernière, l’initiative française qui avait animé le sommet du G7 à Biarritz fin août, semblait condamnée. L’aile dure de l’administration Trump, emmenée par John Bolton, avait allumé les contre-feux face à une démarche diplomatique contraire à sa stratégie de pression maximale sur le régime de Téhéran.

Mais le climat totalement imprévisible de la Maison Blanche a brusquement changé le week-end dernier, lorsque Donald Trump a  annulé une rencontre sur l’Afghanistan, puis limogé John Bolton, faisant état de désaccords répétés sur tous les dossiers internationaux.

Soyons clairs, le président américain n’a pas changé, il veut avant tout se faire réélire l’an prochain. Or en politique internationale, son bilan est maigre. Son idylle avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un n’a rien produit ; les troupes américaines ne parviennent pas à quitter l’Afghanistan ; et les deux régimes que John Bolton pensait à bout de souffle sont toujours en place, celui de Maduro à Caracas, et celui des Mollahs à Téhéran.

Donald Trump a une qualité : il ose tout. Il l’a montré avec Kim Jong-un, et il semble désormais tenté par une rencontre avec le Président iranien Hassan Rohani. L’idée a été émise à Biarritz et le président américain s’était montré ouvert ; elle est de nouveau dans l’air, et pourrait se dérouler lors de l’Assemblée générale de l’ONU à la fin du mois.

Mais il y a un préalable. Pour l’heure, les Iraniens refusent tout contact avec les Américains tant que ceux-ci les étranglent avec leur embargo pétrolier. Ils en font un préalable absolu.

Et c’est là que le plan français entre en jeu. Paris propose d’ouvrir une ligne de crédit de 15 milliards de dollars à l’Iran, un ballon d’oxygène indispensable. Cette somme serait garantie par le pétrole iranien, et en échange, Téhéran s’engagerait à respecter l’accord nucléaire de 2015 qu’il a commencé à violer, et à négocier sur de nouveaux volets.

Washington n’a pas encore accepté cette option, mais les signaux sont suffisamment forts pour faire baisser le prix du baril de brut cette semaine, en anticipation d’un retour du pétrole iranien sur le marché.

Mais rien n’indique non plus que les durs du régime à Téhéran acceptent cette proposition, malgré l’impact catastrophique des sanctions américaines.

Les tractations vont donc se poursuivre, notamment par le canal ouvert par la France, d’ici à la possible rencontre de New York et tout reste ouvert. Si elles aboutissent, on pourra remercier John Bolton dont l’aventurisme a fini par décourager jusqu’à Donald Trump.

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.