Aujourd'hui, Anthony Bellanger vous avez voulu revenir sur la dévaluation de la monnaie chinoise et la quasi panique qui s'est emparée des bourses mondiales...

Oui parce qu'on a beaucoup commenté cette dévaluation en 3 temps du Yuan, la devise chinoise, mais on oublie toujours un point essentiel, qui explique en partie la fébrilité des bourses mondiales lorsqu'une mauvaise nouvelle vient de Chine : le mensonge.

Le gouvernement chinois ment comme un arracheur de dent sur ses chiffres officiels. Tout le monde le sait, à commencer par les Chinois eux-mêmes. L'actuel Premier chinois LI KE-KI-ANG l'a même avoué il y a quelques années à un ambassadeur des Etats-Unis.

« Le chiffre de la croissance chinoise », lui avait-il expliqué, « est fait à la main ». C'est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux statisticiens chinois. Ce sont les politiques qui fixent la croissance et qui constatent en fin d'année combien ils ont eu raison !

D'ailleurs il suffit de regarder les chiffres : la croissance chinoise n'a jamais déçu le pouvoir politique : ces dix dernières années, elle a toujours fini l'année comme elle l'avait commencée, c'est-à-dire entre 7 et 10%, a quelques décimales près.

Relance : est-ce que c'est le seul chiffre trafiqué par le gouvernement chinois ?

Non, bien sûr ! Sinon, ce ne serait pas drôle. Les chiffres du chômage sont aussi très douteux. Depuis 2008, le chômage en Chine est passé de 4% à 4,3% ! Malgré la crise de 2008, la courbe du chômage chinois ressemble à un encéphalogramme plat.

Ce chiffre de 4% est d'ailleurs en soi intéressant : autour de 5% de chômage, on considère que c'est le plein emploi. C'est le chiffre actuel de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, ou des Etats-Unis.

En disant qu'elle a 4% de chômeur, la Chine explique donc qu'elle est en surchauffe, qu'elle manque de bras et que donc, son économie est belle et bien en pleine croissance. C'est le serpent – ou le dragon – qui se mord la queue.

Or lorsqu'on ment sur ses statistiques, c'est le soupçon qui s'installe sur l'état véritable de l'économie chinoise. D'où les surréactions à la modeste dévaluation du yuan. Dans le monde entier les boursiers se sont dit : la Chine dévalue donc elle va vraiment mal.

Relance : y a-til tout de même des moyens d'avoir une idée de cette fameuse croissance chinoise ?

Oui, mais il faut faire preuve d'une ruse de sioux ! Il faut, par exemple, surveiller la production d'acier. Sur ce point, les Chinois ne peuvent pas vraiment mentir puisqu'ils importent l'essentiel de leur fer : or elle a baissé de 2% depuis janvier.

De la même façon, on regarde la consommation d'électricité : si les entreprises consomment moins d'électricité, c'est qu'elle produisent moins. Or on a constaté une petite hausse de 1% depuis début 2015.

Bref, des chiffres qui montrent clairement que la croissance chinoise ne peut pas être de 7%, comme le prétendent les chiffres officiels. La dévaluation du yuan est un signe de plus : si l'on fait baisser sa monnaie c'est que les exportations ne se portent pas bien.

Je vais vous donner un dernier exemple du grand n'importe quoi statistique des Chinois. En 2010, des climatologues ont repris les chiffres des émissions de gaz à effet de serre fournis par la Chine. C'est important : la Chine c'est un quart de la pollution mondiale.

Eh bien, en refaisant les calculs province par province, ils se sont rendus compte que les Chinois avaient « oubliés » 1,4Mds de tonnes de CO2 : 1,4Mds de tonnes, c'est l'ensemble des émissions du Japon sur un an ! Mentir c'est moins grave que perdre la face !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.