Où l'on voit que, depuis mardi, le sourire revient aux Démocrates

Ce n’était qu’une partielle. L’Alabama devait remplacer l’un de ses sénateurs entré au gouvernement mais ce scrutin, les Démocrates l’on emporté mardi soir et, non sans raisons, les Américains ne parlent plus que de cela. 

        C’est la première fois depuis un quart de siècle que cet Etat élit un sénateur démocrate. Le candidat républicain, Roy Moore, pourfendeur de l’homosexualité, défenseur de la religion et accusé d’attouchements sur des petites filles, était soutenu par Donald Trump. Roy Moore était avant tout l’homme de Steve Bannon, ancien conseiller politique du président et grand théoricien de la nécessité de rompre avec l’appareil républicain pour réinscrire sur l’échiquier politique ces électeurs blancs des petites villes et des campagnes qui ne se sentent plus représentés et qui avaient voté Trump. C’est à la fois le président et le positionnement qui l’avait fait élire qui étaient en première ligne et l’un et l’autre ont perdu dans cet Etat où les Démocrates étaient censés ne pas pouvoir l’emporter. 

Cette situation est d’autant plus fascinante qu’il y a là comme une revanche de l’appareil républicain et d’un parti, militants et électeurs, qui ne se reconnaissent pas dans ce président, ses méthodes, ses hommes et ses tweets mais tout de même…

La majorité républicaine vient de se réduire à une voix au Sénat et, pour les Républicains, toute la question est donc de savoir à quoi tient leur défaite de mardi. Si c’est aux accusations de pédophilie pesant contre Roy Moore, pas de drame. L’avertissement est sans frais puisque tous les candidats républicains aux élections de mi-mandat de novembre prochain n’ont évidemment pas de telles casseroles mais si le problème est Trump lui-même ? 

Ah ! Grande question car faut-il alors s’en distancer clairement avant de couler avec lui, voir tenter de le destituer ?

Ce n’est pas évident. Les Républicains sont perplexes et ce scrutin a, parallèlement, redonné espoir aux Démocrates qui se voient déjà majoritaires dans les deux Chambres en novembre prochain. 

S’ils réussissent alors, comme en Alabama mardi, à convaincre les électeurs noirs qu’ils doivent sortir de leur abstention pour faire barrage au revanchisme petit-blanc qu’incarne Trump, ils s’assureront alors une solide marge de manœuvre. Si Trump, surtout, continue à faire absolument n’importe quoi comme hier lorsqu’il a pratiquement accusé une sénatrice démocrate de se prostituer et publiquement contredit son secrétaire d’Etat sur la Corée du Nord, la crédibilité de ce président sera très sérieusement atteinte dans onze mois. 

Oui, le sourire revient aux Démocrates mais doivent-ils se faire plus sociaux pour mobiliser les plus pauvres ou rester prudemment au centre pour ratisser large ? Loin d’être tranché, c’est leur grand débat.

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