Le vrai-faux ami d'Israël

Benjamin Netanyahou sera reçu demain à la Maison-Blanche. Officiellement, le chef du gouvernement israélien considère que l’alliance entre son pays et les Etats-Unis « a toujours été extrêmement forte et le deviendra encore plus » mais les choses ne sont peut-être pas aussi simples qu’il le dit.

D’un côté, le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël a toutes les raisons de se réjouir de l’arrivée de Donald Trump qui ne lui a jusqu’à présent pas ménagé son soutien. Il compte envoyer comme ambassadeur en Israël un partisan déclaré de l’expansion des colonies dans les territoires occupés. Il a fait part de sa volonté de transférer l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Cela reviendrait à reconnaître Jérusalem comme la capitale « indivisible » d’Israël et non plus comme une ville devant être partagée entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre d’un accord de paix à venir et ce n’est pas tout.

En pleine concordance de vues avec Benjamin Netanyahou, Donald Trump vitupère le compromis sur la question nucléaire que les grandes puissances, Etats-Unis en tête, ont passé avec la République islamique. C’est « le plus stupide des accords » estime Donald Trump qui semble penser, à l’instar du Premier ministre israélien, que sanctions internationales levées, l’Iran aura maintenant les moyens de reconstruire son économie avant de se relancer bientôt dans la course à la bombe.

Apparemment, la droite israélienne n’aurait pas pu rêver mieux que Trump, mais reprenons.

Donald Trump avait donné un tel blanc-seing au développement de la colonisation que les partis d’extrême droite avec lesquels Benjamin Netanyahou gouverne en coalition ont eu les moyens d’imposer au Premier ministre – plus de problème, lui ont-ils dit – la construction de 5000 nouveaux logements en Cisjordanie et une loi, surtout, qui légaliserait rétroactivement les colonies sauvages. Craignant un retour de bâton à Washington, Benjamin Netanyahou était plus que réticent et ses craintes se sont avérées car Donald Trump estime désormais que la colonisation « n’aide pas le processus de paix ».

Sur la question de Jérusalem, non seulement le président américain est en train de rétropédaler mais Benjamin Netanyahou n’a pas spécialement envie de ce transfert qui ferait descendre les Palestiniens dans la rue et compromettrait ses relations avec les pays sunnites qui ne cessent de se renforcer dans l’ombre contre l’adversaire commun qu’est l’Iran.

Beaucoup plus que Jérusalem ou la colonisation, c’est l’Iran qui importe au Premier ministre israélien. C’est sur cette question qu’il veut un vrai soutien de la Maison-Blanche car, après s’être solidement implantée au Liban, la République islamique est en passe de le faire en Syrie et d’assurer ainsi sa présence militaire sur deux des frontières d’Israël.

Là, les Israéliens ont un réel besoin des Etats-Unis mais, comme tous les dirigeants du monde, Benjamin Netanyahou se demande où va vraiment Donald Trump et, plus encore, s’il le sait lui-même.

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