Georges Bush admettait, lundi dernier, que les Etats-Unis faisaient face à des « défis économiques », que « la croissance n’était plus acquise » et que « les indicateurs étaient de plus en plus mitigés ». Plus sombre encore, Hillary Clinton déclarait vendredi : « Nous tombons en récession. Certains pensent que nous y sommes déjà » et proposait un plan de relance de 70 milliards de dollars. Hier, enfin, c’était au tour de Barack Obama de sonner l’alarme et de proposer, lui, d’injecter 75 milliards dans le soutien à l’économie en estimant qu’il fallait réduire l’imposition des classes moyennes « pas dans les cinq mois, pas dans les cinq semaines mais tout de suite ». Si le Président sortant en est à demander : « Est-ce que je vois la réalité de la situation ? » et à répondre : « You bet I do, Vous pensez bien que oui ! », c’est que des nuages, au moins, menacent l’économie américaine. Les candidats démocrates exagèrent si peu le problème que le président de la Réserve fédérale disait, vendredi aussi, que l’horizon économique s’assombrissait pour les Etats-Unis et que la Fed était prête, si nécessaire, à une « action substantielle ». Nombre d’analystes américains sont aujourd’hui convaincus qu’une récession est au coin de la rue en raison de l’effet cumulé des déficits budgétaires, de l’augmentation des prix du pétrole et des conséquences, surtout, de la crise de l’immobilier sur les banques et le crédit. Personnalité très écoutée, l’ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Lawrence Summers, estime ainsi qu’il y a, maintenant plus d’une chance sur deux que l’Amérique entre en récession. « Si nous attendons jusqu’à ce que ce soit totalement clair, il sera trop tard », ajoute-t-il et c’est ainsi que l’économie fait son entrée dans la campagne présidentielle, nourrissant une anxiété réelle des électeurs et ne contribuant pas à limiter les difficultés. Un très classique débat droite–gauche se dessine. Les Républicains, d’un côté, prônent déjà de pérenniser, voire d’accentuer, les baisses d’impôt instaurées par Georges Bush au début de son mandat. L’idée est que, plus les contribuables, quels que soient leurs revenus, auront d’argent à dépenser, mieux la consommation, et donc l’économie, se porteront. Les Démocrates, eux, veulent, au contraire, revenir sur ces baisses en les ciblant sur les classes moyennes et les plus défavorisés afin, dit Barack Obama, de « redistribuer de l’argent à ceux qui en ont besoin et qui le dépenseront rapidement ». Avec des différences d’accent, son plan et celui d’Hillary Clinton sont très similaires sur le fond. Le débat électoral va se centrer sur ces questions de la redistribution par l’impôt et de la défense des classes moyennes, thèmes disparus de la scène politique américaine depuis le milieu des années soixante-dix. Le problème des dépenses militaires pourrait ainsi prendre beaucoup d’importance et la crédibilité internationale des Etats-Unis s’en ressentir.

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