La date approche. C’est dans neuf jours maintenant, le 22 janvier, mercredi en huit, que devrait se réunir à Montreux la conférence de paix sur la Syrie dite « Genève 2 » mais nul ne saurait encore affirmer que ce rendez-vous sera bien tenu.

Le régime syrien, d’abord, fait tout pour qu’il ne le soit pas. Il continue d’écraser Alep sous les bombes, de méthodiquement affamer les populations des régions tenues par l’insurrection et de marteler, surtout, qu’il reviendrait au président en place de mener une transition en cas d’accord à cette conférence dont l’objectif unanimement défini par l’Onu est pourtant la mise en place d’un gouvernement provisoire disposant des pleins pouvoirs exécutifs qui seraient autrement dit retirés à Bachar al-Assad.

L’insurrection, de son côté, ne cesse plus de remettre à plus tard l’annonce de sa participation. D’une ville à l’autre, ses réunions se succèdent mais aucune décision n’est prise, ni « oui » ni « non », et ce n’est aux dernières nouvelles que vendredi qu’elle le serait mais sans qu’on puisse déjà savoir ce qu’elle le sera. L’insurrection est divisée. Certains veulent y aller de peur d’être accusés d’intransigeance et d’ainsi perdre leurs soutiens internationaux. D’autres considèrent que l’insurrection ne serait plus à cela près puisque les Démocraties refusent de toute manière de l’armer et, quelle que soit leur position, tous craignent que Russes et Américains ne s’entendent finalement sur leur dos à Montreux en permettant au régime de gagner assez de temps pour les écraser par la force.

Troisième incertitude, enfin, les Russes et le médiateur de l’Onu, Lakdar Brahimi, sont partisans d’inviter l’Iran à cette conférence alors que les pays sunnites y sont opposés et que les Occidentaux n’accepteraient la participation du principal allié du régime syrien qu’à la condition qu’il se rallie aux objectifs de l’Onu sur la passation des pouvoirs exécutifs à un gouvernement de transition et, donc, à la nécessité d’un retrait de Bachar Al-Assad.

Tout reste, en un mot, d’une rare confusion et il y a au moins deux raisons à cela. La première est que les Américains ne veulent en aucun cas être entraînés dans ce conflit, qu’on l’avait bien vu lorsqu’ils avaient refusé, à la dernière minute, de sanctionner militairement l’emploi d’armes chimiques par le régime syrien, qu’ils veulent parallèlement parvenir à un compromis nucléaire avec l’Iran et qu’ils souhaitent en fait, mais sans le dire, que les Iraniens les aident à sortir Assad du jeu en échange d’un maintien de son régime. Quant à la seconde raison de cette confusion, elle est que les Russes, tout en ayant accepté les objectifs définis par l’Onu, ne veulent pas encore abattre leurs cartes sur un éventuel retrait d’Assad.

Washington et Moscou mènent leur jeu au nom d’une vision de leurs intérêts propres. Les puissances régionales font de même. Hormis la France, les Européens sont aux abonnés absents et comme les Russes et les Américains veulent convaincre les insurgés de venir à cette conférence ils ont promis, hier, d’essayer d’arracher quelques gestes humanitaires au pouvoir syrien.

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