Le monde, évidemment, bien sûr, ne s’est pas arrêté de tourner. Le monde entier a ses regards tournés vers la France, vers cette France qui calme et unie n’en finit plus de se grandir dans l’épreuve mais où reprendre, aujourd’hui, le fil des affaires du monde ?

Avec l’Ukraine autour de laquelle un compromis continue de se chercher mais sans encore se dessiner ? Avec les libérations de prisonniers politiques à Cuba dont les relations avec les Etats-Unis s’améliorent décidément ? Avec les négociations sur le nucléaire iranien qui reprendront bientôt ? Avec ces abominables massacres du Nigeria, des villages entiers passés au fil de l’épée par les jihadistes locaux ? Il le faudrait. Tout cela compte et pèsera beaucoup mais le plus encourageant et le plus nouveau, la bonne nouvelle vient de Bruxelles.

La Commission européenne y a annoncé hier que les sommes que les pays membres consacrent à leurs investissements dans l’avenir, à leurs réformes structurelles et à leur contribution au Fonds européen d’investissements stratégiques, à l’investissement paneuropéen, ne seraient désormais plus prises en compte dans le calcul de leur déficit budgétaire et de leur endettement.

« Nous ne changeons ni n’amendons aucune règle du Pacte de stabilité et de croissance. Nous en fournissons une interprétation », a précisé la Commission et c’est vrai. La nouvelle Commission ne met pas en cause - et n’en aurait d’ailleurs pas le pouvoir - le carcan que les Etats membres se sont imposés en la chargeant de veiller au respect du plafond de leur déficit et de leur endettement. Elle use seulement du pouvoir d’appréciation qui lui revient mais comment de ne pas voir que le vent tourne dans l’Union, qu’on y parle un peu moins restrictions budgétaires et beaucoup plus investissements et relance de la croissance ?

C’est une évolution que l’on pouvait pressentir depuis de longs mois et depuis la nomination, surtout, de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. On l’annonçait ici depuis longtemps mais c’est le danger d’une déflation générale qui l’a accélérée, celui qui préoccupe tant la Banque centrale européenne. La croissance ne repart pas. Elle s’essouffle et stagne jusqu’en Allemagne où le patronat lui-même, comme la gauche et les syndicats, appelle à investir dans la relance.

La France, l’Italie mais aussi le FMI, les Etats-Unis, la droite espagnole au pouvoir et la plupart des économistes criaient depuis longtemps casse-cou en appelant l’Europe à relancer ses économie en se focalisant moins sur le rééquilibrage de ses comptes publics. Le moment venait et, le moment venu d’un nouveau consensus, nécessité a fait loi et la Commission est sortie du bois avec cette nouvelle interprétation du Pacte qui en modifie beaucoup la nature.

C’est une bonne, une très bonne nouvelle pour tous car, ajoutée à la baisse simultanée des cours de l’euro et du pétrole, elle vient redonner de l’oxygène aux économies européennes et, notamment, à celles de l’Italie et de la France.

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