Tout le monde pensait qu'un accord sur le nucléaire serait conclu avec l'Iran à Vienne dès hier soir... Que s'est-il passé ? Il s'est passé, comme souvent en diplomatie, quelques heures de plus voire une journée de plus. Nous avons découvert ces derniers combien il est compliqué de négocier avec des Grecs. Inutile de vous dire que ce n'est rien à côté des Iraniens !Mais on en est vraiment pas loin : c'est si vrai que le président iranien Hassan Rohani lui-même a fait une bourde hier soir en tweetant un peu vite sa joie qu'un accord ait été obtenu. Il a dû aussi vite le retirer pour ajouter un « si » : « si un accord est conclu ».L'essentiel, c'est que deux années pleines après avoir débuté ces négociations directes, les Etats-Unis et l'Iran des mollahs devraient pour la première fois signer un accord direct et complet sur un sujet crucial, le nucléaire.

Est-ce qu'on peut parler de renversement d'alliance ? Si vous écoutez les diplomates américains, non. La Maison-Blanche a passé son temps à expliquer qu'elle a deux alliés dans la région : l'Arabie Saoudite et Israël. Point barre. Mais lorsqu'on regarde les réactions de ses deux alliés, on comprend tout autre chose.Ils ne décolèrent pas. Et plus l'échéance de la signature approche plus ils se mobilisent pour le contrecarrer. Benjamin Netanyahou a par exemple expliqué qu'il ferait tout pour le combattre un accord qui, pour lui, est dangereux.On le comprend d'ailleurs : un accord entre les Etats-Unis et l'Iran, c'est priver Israël de son meilleur ennemi. Depuis des années le gouvernement israélien brandit la menace de la bombe iranienne : plus de bombe, plus d'ennemi, et donc moins d'arguments.

Donc l'Iran n'aura pas de bombe nucléaire, c'est fait... Disons plutôt que l'Iran n'aura pas dans son arsenal de bombes nucléaires prêtes à l'emploi. Je m'explique. Les autorités iraniennes ont tout les morceaux du puzzle nucléaire : l'uranium enrichi, les capacités balistiques, les ingénieurs, les centrales nucléaires mais elles ont négocié le fait de ne pas monter le puzzle de la bombeEn échange de cet « effort » des Iraniens, les Américains ont « offert » une levée des sanctions et une normalisation graduelle de leurs relations diplomatiques, le tout agrémenté d'inspection internationales. La confiance, c'est ; les preuves c'est mieux.Y a t-il un danger de prolifération nucléaire ? Non. Dans la région, Israël, le Pakistan, l'Inde ont déjà la bombe. L'Arabie Saoudite s'est réveillée récemment avec une envie irrépressible d'acquérir des centrales et de la technologie nucléaires. Il leur faudra, comme l'Iran, 20a pour y parvenir.Ca laisse donc beaucoup de marges. Je vais vous donner un dernier exemple : la Corée du Nord. On sait qu'elle aussi possède l bombe. Mais jusqu'à présent, elle n'est parvenu qu'à la faire exploser sous terre.Et encore, on n'est même pas certain que la dernière fois, c'était en février 2013, il s'agissait d'une vraie explosion nucléaire. Dans tous les cas, c'était au mieux l'explosion d'un bombe nucléaire moitié moins puissante que celle d'Hiroshima il y a 70 ans.

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