Donald Trump sera aujourd'hui sur les Champs-Elysées pour le défilé et la question se pose depuis hier... fallait-il lui faire tant d'honneur ?

Vous voulez la version courte, Hélène ? Oui ! Même si, pour paraphraser Racine, ce triomphe indiscret sera, peut-être, bientôt suivi d'un éternel regret. Mais pour le moment, place aux flonflons, aux militaires au garde-à-vous, aux dadas qui défilent.

Donald Trump a-do-re ça et je ne le dis pas en plaisantant, je le dis parce que c'est vrai ! Le 45ème président des Etats-Unis a tout fait pour obtenir le même genre de défilé pour sa parade d'inauguration en janvier dernier mais n'y est pas parvenu.

Il voulait que l'US Air Force survole Pennsylvania Avenue, devant la Maison-Blanche, mais il pleuvait ce jour-là. Donc annulation. De la même façon, il avait demandé des chars et des uniformes : trop cher et trop compliqué. Là aussi, annulé. Ce sera donc Paris.

Mais au delà de l'anecdote, de la frustration ou de la vanité d'un président américain qui, disait-il dans un email, voulait s'inspirer des parades du 1er mai à Moscou ou de celle de Corée du Nord, il y a d'excellentes raisons d'inviter Donald Trump ce 14 juillet.

Et d'abord des raisons diplomatiques...

Oui, bêtement diplomatiques. La scène internationale n'est pas une cour de récré où l'on peut punir Donald et le mettre au coin parce qu'il a bousculé Angela ou fricoté avec Theresa. La diplomatie consiste justement à se parler, surtout lorsque c'est compliqué.

Or il est impossible de faire de la diplomatie dans le monde sans les Etats-Unis. On peut le regretter, tonner contre mais, à la fin, on finit par parler avec les Américains. Et je rappelle qu'en plus, Washington est notre allié. Et l'on se parle entre allié.

Vous pouvez me dire, lui parler certes, mais lui dérouler le tapis rouge, était-ce bien utile ? Encore une fois oui, c'est utile : il y aura des militaires et des avions américains sur les Champs-Elysées et dans le ciel... Un président américain n'est donc pas incongru.

Enfin, on peut soutenir, comme d'ailleurs Emmanuel Macron l'a fait hier, qu’isoler diplomatiquement un chef d'Etat ou un pays n'a jamais donné de bons résultats, que ce soit pour Vladimir Poutine, pour la Corée du Nord et encore moins pour Donald Trump.

En plus, les deux présidents semblent s'entendre plutôt bien...

D'une certaine façon, l'un est le miroir de l'autre. Les deux hommes sont des outsiders qui sont parvenus au pouvoir en surfant sur une vague anti-élite et anti-partis sans jamais avoir été élus auparavant et en ayant tout deux une expérience dans le privé.

Mais la ressemblance entre les deux hommes s'arrête là, c'est à dire pas bien loin : Emmanuel Macron est un pluraliste en matière de politique internationale, qui cherche à replacer la France sur la carte des décisions importantes.

Enfin, je voulais presque me faire quelques secondes l'avocat du diable Trump ! Il est au pouvoir depuis à peine plus de 6 mois. Jusqu'à présent, il n'a déclenché aucune guerre, comme Ronald Reagan, George Bush ou Tony Blair en leur temps.

Il n'a pas non plus créé des camps de réfugiés à ses frontières, comme le hongrois Orban, ni tiré sur sa population, comme le Vénézuélien Maduro ou encore le philippin Duterte. Il n'a pas laissé mourir en prison un prix Nobel, comme le Chinois Xi Jinping.

Or a-t-on cessé de discuter avec la Hongrie, le Vénézuéla, les Philippines ou la Chine ? Non ! Pourquoi faudrait-il le faire avec Donald Trump ? Pourquoi donc le priver du plaisir simple et peut-être payant à terme de voir et complimenter des militaires ?

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