L'équipe de foot américain, les Redskins, ont décidé d'abandonner leur nom et leur logo. Trop de pressions, notamment des sponsors et surtout, l'Histoire qui passe la facture.

Le nom des "Redskins" est-il en danger ?
Le nom des "Redskins" est-il en danger ? © Getty / Ron Sachs/picture alliance

C'est une affaire qui dure et perdure depuis presque 50 ans : depuis qu'en 1972, une délégation de leaders amérindiens a exigé de l'équipe de foot de Washington de changer son nom jugé offensant. Et on les comprend.

L'équipe en question, ce sont les "Redskins", à savoir les "Peaux rouges". Une des plus anciennes équipes américaines qui a pris ce nom dans les années 30 et qui a développé autour un logo, des chansons et un merchandising très élaboré.

Le logo d'abord, qui représente une tête d'Amérindien affublée de deux plumes, pour être bien compris. Un hymne ensuite dont les paroles disaient jusqu'à récemment : « scalpez-les ! ». Et surtout une équipe dirigeante rétive au changement :

Bien sûr, le "scalpez-les" de l'hymne a fini par être abandonné. Mais le propriétaire de l'équipe des Redskins, Daniel Snyder, jurait encore en 2013 que "Nous ne changerons jamais le nom de l'équipe". Quelques jours ont pourtant suffi pour le faire changer d'avis.

L'histoire avec un grand H

D'abord, il s'est passé l'Histoire, avec un grand H. Depuis les années 70, et avec une tendance à l'accélération, des milliers d'universités, lycées et écoles américaines ont abandonné leurs mascottes et leurs noms qui faisaient allusion aux Amérindiens.

2 200 continuent d'utiliser un logo, un nom ou une mascotte amérindiens. Il faut bien comprendre le préjudice : jusqu'en 1863, on distribuait dans le Minnesota, 200 $ de récompense par "peau rouge" tué ! Le terme n'a que des connotations péjoratives.

Mais surtout, il s'est passé fin-mai la mort de George Floyd et une pression maximale des sponsors pour que l'équipe change enfin de nom et de logo. Et lorsque FedEx, Nike, Pepsi, Walmart ou Amazon menacent de retirer leur soutien, la messe est dite.

L'Europe et la France sont touchées

C'est une bonne chose ! On s'est tout de même rendu compte que, dans les réserves du musée de l'Homme à Paris, se trouvaient les têtes coupées par l'armée française de résistants algériens du milieu du 19e siècle. Elles ont été enfin rendues à Alger.

Pas encore le dais couronné de la dernière reine de Madagascar, renversée par les Français. Dais qui est exposé, comme un trophée qu'il est, dans une vitrine du musée de l'armée à Paris, au côté d'un casque colonial.

Le colonialisme est un crime contre l'Humanité dont nous devrons à terme payer le prix de l'expoliation et de l'humiliation. Si ce prix, ce sont des trophées rendus, des avenues débaptisées et quelques statues déboulonnées, ça paraît, somme toute, bien raisonnable !

Mais faisons-le, par décence et humanisme, avant qu'il ne soit trop tard et que l'Histoire passe la facture et que nous soyons tenus de la faire, comme aux États-Unis aujourd'hui, avec les Redskins et le déboulonnage en masse de statues de généraux confédérés et donc esclavagistes, dans l'urgence et dans la violence.

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