Tout sourit aujourd'hui à Israël alors que les Palestiniens ne peuvent, eux, plus compter sur quiconque.

Pour les uns, c’est le soixante-dixième anniversaire de la "Nakba", de la catastrophe, en français, qui les vit tant perdre. Pour les autres, c’est celui de la naissance d’un Etat après des siècles de persécutions et le meurtre industrialisé de six millions d’entre eux. 

Commémorée ce lundi, cette date n’a ainsi jamais eu le même sens, forcément pas, pour les Israéliens et les Palestiniens mais jamais sans doute leur sort ne fut aussi radicalement différent qu’aujourd’hui. 

Dans quelques heures, liesse populaire et pompe diplomatique, les Etats-Unis inaugureront leur nouvelle ambassade, transférée de Tel Aviv à Jérusalem sur décision de Donald Trump. Faisant droit aux Israéliens qui considèrent Jérusalem comme leur capitale une et indivisible depuis qu’ils en ont conquis la partie orientale en 1967, les Etats-Unis rompent aujourd’hui le consensus international en vertu duquel les ambassades étrangères restaient à Tel Aviv, car l’annexion de Jérusalem-Est n’est, juridiquement parlant, qu’un état de fait. 

C’est un point majeur qu’Israël marque là et il vient couronner une semaine durant laquelle tout lui a souri. Mardi, les Etats-Unis se retiraient du compromis nucléaire que les grandes puissances et l’Iran avaient passé en 2015. Nul ne sait où cela mènera. Beaucoup d’Israéliens s’en inquiètent, à juste titre, mais c’est un triomphe personnel pour le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, aux yeux duquel cet accord n’a fait que donner aux Iraniens les moyens financiers d’amplifier leur projection dans tout le Proche-Orient et jusqu’aux frontières d’Israël. 

Le fait est que les Gardiens de la révolution, l’armée du régime iranien, installent en ce moment des bases à la frontière orientale d’Israël mais lorsqu’en milieu de semaine, les forces israéliennes ont frappé les installations iraniennes en Syrie, l’Iran n’a pas bougé car il pourrait difficilement s’offrir le luxe d’un nouveau front. 

Ensuite, il y eut l’Eurovision samedi avant l’ambassade américaine aujourd’hui. Oui, tout sourit à Israël alors que côté palestinien…

Côté palestinien, on se prépare à de grandes manifestations aujourd’hui et demain, à Gaza comme en Cisjordanie. Il y a déjà sept semaines que Gaza manifeste  chaque week-end. On en est à 54 morts mais la solitude palestinienne n’a jamais été aussi complète car les pays sunnites, Arabie saoudite en tête, se sont aujourd’hui considérablement rapprochés d’Israël pour faire face à cet ennemi commun qu’est l’Iran. 

Les Palestiniens ne peuvent compter sur personne. Leurs divisions sont toujours aussi profondes et leur impuissance tellement infinie que la droite israélienne se soucie moins que jamais de rechercher un accord de paix.            

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