De Brasilia à Munich en passant par le Michigan ou Londres, des manifestants protestent contre les mesures de confinement ou de restrictions, allant jusqu’à nier la dangerosité du coronavirus. Une agitation souvent encouragée par des courants extrémistes.

Le 3 mai, le Président brésilien Jaïr Bolsonaro a participé à une manifestation contre les mesures de confinement décidées par les gouverneurs et les maires du pays.
Le 3 mai, le Président brésilien Jaïr Bolsonaro a participé à une manifestation contre les mesures de confinement décidées par les gouverneurs et les maires du pays. © AFP / ANDRE BORGES / NurPhoto / NurPhoto via AFP

La pancarte des manifestants, le weekend dernier à Munich, proclamait « Corona ist Fake », le coronavirus est une invention.  A des milliers de kilomètres de là, sur la place des trois-pouvoirs à Brasilia, d’autres manifestants, partisans de Jaïr Bolsonaro, dénonçaient le « Fake virus ». A Milan, un protestataire solitaire brandit une pancarte dénonçant la « tyrannie ».

Dans de nombreux pays, des manifestations anti-confinement ou anti-restrictions réunissent quelques dizaines, quelques centaines et parfois plus de personnes, souvent en contravention avec la taille limite des regroupements autorisés, et le plus souvent sans respecter la distanciation humaine.

Les plus spectaculaires sont évidemment ces Américains armés qui ont assiégé le Parlement du Michigan le mois dernier pour réclamer la fin du confinement ; d’autres manifestations continuent de se produire régulièrement aux États-Unis, dans les États qui refusent d’ouvrir.

Nous ne sommes pas ici dans la situation des travailleurs précaires indiens ou nigérians, payés à la journée, et que le confinement a réduit à la misère.

Certains, évidemment, mettent en avant des préoccupations économiques, comme ces petits entrepreneurs qui protestaient il y a quelques jours en Pologne ; ou même le milliardaire Elon Musk, qui a fait redémarrer son usine Tesla contre l’avis des autorités de Californie. Mais ceux qui redoutent que les dégâts économiques et sociaux du confinement soient supérieurs à ceux de la pandémie, et qui ne manquent pas d’arguments, ne sont pas nécessairement ceux qui descendent dans la rue. 

Alors que le monde compte plus de 4 millions de cas et près de 300 000 morts du covid-19, le déni n’est en tous cas plus de mise. La motivation des manifestants tient donc en un mélange d’instrumentalisation politique, de croyances fondées sur des théories du complot, et enfin d’un individualisme forcené qui ne supporte pas les intrusions de l’État.

En Allemagne, les partis politiques, des Verts à la droite conservatrice, ont dénoncé l’utilisation de cette « fièvre anti confinement » par l’extrême droite. Le leader parlementaire des Verts a ainsi dénoncé le discours anti-démocratique des manifestants qui fait de tout responsable politique une « marionnette » de Bill Gates ou du financier George Soros.

Même influence aux États-Unis, où le quotidien britannique « The Guardian » a publié des enregistrements prouvant le rôle des milieux d’extrême droite dans l’agitation anti-confinement. On avait d’ailleurs pu voir des slogans antisémites dans les protestations du Michigan.

Ces groupes utilisent toutes les théories du complot qui convergent aujourd’hui dans la contestation de la science, des antivaccins à ceux qui pensent que le virus est généré par la 5G ; et qui rejoignent la petite musique ambiante contre les « experts », comme le montrent les attaques aux États-Unis contre Anthony Fauci, l’épidémiologiste qui contredit régulièrement Donald Trump.

Pendant la pandémie, désinformation et manipulations restent donc bien actifs, même quand la santé de tous est en jeu.

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