Vingt-trois des 27 Etats de l'Union se sont engagés hier dans une coopération militaire sans précédent

Ne manquaient à l’appel que l’Irlande, le Portugal, Malte, le Danemark et, naturellement, la Grande-Bretagne qui n’appartient virtuellement plus à l’Union. Représentés par leurs ministres de la Défense et des Affaires étrangères, les autres Etats membres s’étaient, eux, tous rendus hier à Bruxelles, pour lancer à 23, sous forme de coopération structurée permanente, la première étape d’une Défense commune. 

La quasi-totalité des pays de l’Union s’est ainsi engagée à désormais coopérer dans le développement d’armements, de matériels de transports et de moyens de renseignement, à jeter ainsi les bases d’une recherche et d’une industrie militaires communes, à doter, en un mot, l’Union d’une « autonomie stratégique » vis-à-vis des Etats-Unis. 

La donne n’en sera pas immédiatement changée. Il faut, en la matière, de longues années pour passer des intentions aux réalisations mais le fait est que les plus atlantistes des pays européens, comme les Pays-Bas ou la Pologne, font aujourd’hui cause commune avec ceux qui, comme la France et maintenant l’Allemagne, prônent la mise sur pied d’une Défense européenne, condition sine qua non de la transformation de l’Union en acteur politique de la scène internationale. 

Des lignes de fracture aussi vieilles que l’unité européenne semblent ainsi s’être effacées ou, en tout cas, estompées en quelques mois et cela tient à un homme, un seul : Donald Trump. 

En mettant en doute l’automaticité de la solidarité entre pays membres de l’Alliance atlantique et en semant, parallèlement, le chaos dans la diplomatie des Etats-Unis, le plus invraisemblable des présidents américains a convaincu les plus proches et les plus fidèles alliés européens de son pays qu’ils ne pouvaient plus entièrement se reposer sur Washington. 

Le parapluie américain, qui plus est, est apparu percé au moment même où l’ensemble des Européens voyait partir la Grande-Bretagne, l’une des deux seules puissances militaires de l’Union avec la France, et prenait enfin conscience de la gravité, pour eux tous, des crises ukrainienne et proche-orientales. 

Donald Trump a précipité une évolution des esprits qui a permis à Emanuel Macron d’aisément convaincre Mme Merkel qu’il fallait agir, refonder l’Union et que cela passait par l’affirmation d’une Défense commune. 

La vitesse avec laquelle cette évolution s’est faite est d’autant plus frappante que la France et l’Allemagne proposent aujourd’hui à leurs partenaires d’avancer sur les autres grands dossiers communs de la même manière que sur la Défense – non pas en cherchant l’unanimité mais à quelques-uns, ceux qui veulent aller plus loin plus vite et décident de structurer pour cela des coopérations permanentes, des avant-gardes dont la création est prévue par les traités.   

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