Le Haaretz se montrait, hier, particulièrement optimiste. Sous la signature de l’un de ses meilleurs journalistes, Akiva Eldar, le quotidien israélien de référence annonçait l’ouverture, sous un mois, de nouveaux pourparlers de paix israélo-palestiniens fondés sur un accord prévoyant la proclamation d’un Etat palestinien dans un délai de deux ans. Citant des sources palestiniennes et européennes non identifiées, s’appuyant aussi sur des propos prêtés au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le quotidien affirmait qu’Israël et les Etats-Unis seraient sur le point d’arriver à un compromis sur la durée – entre neuf et douze mois – d’un gel temporaire de la colonisation des Territoires occupés qui ouvrirait la voie, dans une dizaine de jours, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, à un sommet tripartite entre Barack Obama, Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, le président palestinien. Selon le Haaretz, ces futures négociations porteraient en premier lieu sur le tracé de la frontière entre les deux Etats et, comme l’avait suggéré, avant l’été, le responsable de la diplomatie européenne, Javier Solana, l’Onu pourrait admettre la future Palestine en son sein dans ce délai de deux ans, avant même, le cas échéant, qu’un accord de paix ne soit entièrement conclu. Une très grande prudence s’impose. Beaucoup des diplomates en poste à Tel Aviv considéraient, dimanche, que le Haaretz prenait, là, ses désirs pour des réalités. En admettant même que tout cela soit réellement envisagé par l’Autorité palestinienne et Israël, ces perspectives pourraient être vite, et comme tant de fois, remises en question par un développement ou l’autre. Cet article n’est pas à déjà prendre pour argent comptant, mais il est, au moins, le signe que les choses bougent plus qu’on ne le croit sur le front israélo-palestinien. Ce n’est pas seulement que Georges Mitchell, le représentant spécial de Barack Obama pour le Proche-Orient, soit de retour dans la région et que Benjamin Netanyahu se soit entretenu, hier, au Caire, avec Hosni Moubarak, le chef de l’Etat égyptien. Cinq éléments de fond sont à prendre en considération. Le premier est que les dirigeants palestiniens sont fermement décidés à faciliter les efforts de paix de Barack Obama tant ils sont convaincus qu’ils ne retrouveront pas de sitôt de tels appuis à la Maison-Blanche et qu’ils pourraient donc se montrer souples sur les conditions d’un gel de la colonisation. Le deuxième est que le gouvernement palestinien s’est lancé, en août, dans un programme de construction d’un Etat en deux ans. Le troisième est que Barack Obama a besoin d’une amorce de succès diplomatique pour consolider sa position et que ses pressions sur Israël ne se relâchent pas. Le quatrième est que les régimes arabes veulent en finir avec ce conflit pour priver les islamistes de leur meilleur terreau. Quant au cinquième, il est qu’il n’y a plus de grande force politique israélienne, même le Likoud de Benjamin Netanyahu, pour refuser le principe d’un Etat palestinien. Reste les détails, quand, comment, dans quelles frontières – là où le diable se loge.

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