L’un dans l’autre, pas complètement mais tout de même, les armes se sont tues en Syrie...

La trêve à laquelle les Etats-Unis et la Russie avaient appelé vendredi tient pour l’instant, depuis maintenant trente-six heures, et il n’est plus impossible, si elle tenait jusqu’à lundi prochain, qu’un espoir renaisse dans ce pays déchiqueté par cinq ans de guerre.

Combats et bombardements peuvent reprendre à chaque instant mais, si ce n’était pas le cas, Russes et Américains pourraient coordonner, sous huit jours, leurs frappes contre les mouvements djihadistes, Daesh et al-Nosra, et les négociations de paix, surtout, pourraient bientôt reprendre et déboucher sur la mise en place d’un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections sous contrôle international. D’ici lundi, chaque heure va compter.

On verra, mais trois raisons incitent à ne pas totalement exclure que cette fois-ci soit la bonne.

La première est que Daesh est désormais sur la défensive et que le régime de Damas ne pourra donc plus longtemps dire que c’est lui ou ces illuminés sanguinaires. Lentement mais sûrement, le recul de l’Etat islamique lève l’hypothèque qu’il faisait peser sur ce conflit et laisse face-à-face Bachar al-Assad et l’insurrection qui veut renverser cette abominable dictature.

Le paysage syrien s’éclaircit et la deuxième raison pour laquelle une sortie de crise n’est plus impossible est que les Etats-Unis veulent tout faire, y compris le maximum de concessions aux Russes, pour ne pas avoir à se réengager au Proche-Orient. Ils ne le veulent plus car cette région est devenue beaucoup moins vitale pour eux depuis que les gaz et le pétrole de schistes assurent leur indépendance énergétique.

Donald Trump et Hillary Clinton ne le veulent pas plus que Barak Obama. Il y a un consensus américain sur ce point et la troisième raison pour laquelle la perspective d’un règlement devient plausible est que Vladimir Poutine y aurait aujourd’hui tout intérêt. Il était intervenu en Syrie pour montrer que la Russie et ses armes comptaient toujours sur la scène internationale et qu’elle ne pouvait plus être traitée comme quantité négligeable. Or non seulement il y est parvenu en sauvant le régime de Damas de l’effondrement qui le menaçait il y a un an mais Washington en est maintenant à traiter avec Moscou d’égal à égal.

La Russie s’est réimposée là en autre superpuissance. C’est un acquis, fondamental pour elle, et si elle savait le transformer en devenant le co-artisan d’un compromis syrien, la Russie pourrait du même coup rétablir de bonnes relations avec les Occidentaux, faire oublier l’annexion de la Crimée et obtenir la levée des sanctions économiques qui la frappent depuis.

Elle pourrait, en un mot, sortir de ses graves difficultés économiques et Vladimir Poutine n’aurait plus aucun souci à se faire pour sa réélection en 2018. L’enjeu syrien dépasse de beaucoup la seule Syrie et c’est pour cela que peut-être… On va voir.

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