C’est au plus vite que les Etats-Unis veulent négocier avec l’Iran. Sitôt élu, Barack Obama avait tendu la main à la République islamique. Sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, avait souhaité, dans la foulée, que l’Iran participe, il y a deux semaines, à la conférence de la Haye sur l’Afghanistan qui fut l’occasion d’un premier contact, « fortuit » mais « cordial », entre les deux pays et voilà, maintenant que l’administration américaine serait sur le point de lever une pré-condition à ces négociations. Jusqu’à présent, sous Georges Bush en tout cas, la position des Etats-Unis était qu’ils ne pourraient pas ouvrir de pourparlers avec les Iraniens avant qu’ils n’aient suspendu leurs activités d’enrichissement d’uranium mais, à en croire le New York Times, Barack Obama serait prêt à lever ce préalable. La Maison-Blanche a démenti mais en des termes tellement ambigus qu’il semble bel et bien qu’une évolution soit en cours à Washington pour la simple raison que les Iraniens continuent de refuser cette exigence qui ne mène, donc, nulle part, sauf à faire perdre du temps alors qu’un compte à rebours est enclenché. Nul ne sait, précisément, quand la République islamique disposera de l’arme nucléaire mais, au rythme où elle y travaille, ce n’est qu’une question d’un ou deux ans et, avant qu’on n’en arrive à ce fait accompli, les Etats-Unis veulent explorer les moyens de l’y faire renoncer en échange d’avantages économiques et politiques, d’un grand compromis qui lui reconnaîtrait la place qu’elle occupe déjà sur la scène proche-orientale. Pour les Etats-Unis, l’objectif est double. Ils voudraient, premièrement, être fixé, savoir s’ils peuvent ou non espérer, et à quelles conditions, que l’Iran se cantonne au nucléaire civil et accepte de les aider à se sortir des guêpiers irakien et afghan. Ils veulent, deuxièmement, montrer leur ouverture et leur bonne volonté afin de pouvoir compter sur l’appui des Russes et des Chinois au Conseil de sécurité au cas où l’Iran s’obstinerait à devenir une puissance nucléaire. C’est toute la politique américaine qui est dans la balance, la guerre, la paix, la stabilité internationale en un mot, et c’est pour cela que Barack Obama souhaite aller vite, sans s’embarrasser de conditions formelles qui ne changent rien sur le fond. C’est dans cet esprit que ses collaborateurs ont poussé les Européens à proposer une reprise des pourparlers entre l’Iran et le Groupe des 6, les cinq membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne, proposition que Téhéran vient d’accepter et qui permettra des apartés entre Iraniens et Américains. Le Département d’Etat cherche, parallèlement, à sonder directement le Guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, l’homme le plus puissant du régime islamique, et leur forcing n’est peut-être pas vain. D’une déclaration à l’autre, par petites touches, les Iraniens paraissent s’ouvrir à la perspective d’une négociation dont leur économie aurait un urgent besoin. Ca bouge mais rien, absolument rien, n’est encore fait.

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