Theresa May soumet mardi soir au vote du parlement britannique, l’accord de sortie de l’Europe négocié avec les « 27 », un vote que tous les analystes donnent perdu d'avance. Faudra-t-il un nouveau référendum pour sortir de l’impasse ?

« Brexit : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? », proclame ce manifestant anti-Brexit devant le Parlement britannique, lundi 14 janvier à Londres.
« Brexit : est-ce que ça vaut vraiment le coup ? », proclame ce manifestant anti-Brexit devant le Parlement britannique, lundi 14 janvier à Londres. © AFP / Tolga AKMEN / AFP

Au pays des bookmakers il n’y a pas grand monde pour parier sur le succès de la Première ministre britannique, ce mardi au Parlement. Le débat porte plutôt sur la marge de la défaite de Theresa May lors du vote test, ce soir au Parlement, sur l’accord âprement négocié avec Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne.

Même le dernier argument sorti par Theresa May de son chapeau ne suffira sans doute pas à éviter une défaite humiliante infligée par une partie de son propre camp conservateur : c’est cet accord ou pas de Brexit du tout, dit-elle, ce qui constituerait une trahison du vote des citoyens en 2016.

Le problème du Parlement britannique, à ce moment historique précis, est qu’il n’y a pas de majorité pour quoi que ce soit, ni pour rester, ni pour partir dans les différentes formules possibles. Pas de majorité non plus pour le « no deal », c’est-à-dire pas d’accord du tout, ce qui peut finir par se produire, même si ça doit avoir des conséquences négatives sur le niveau de vie du pays.

Il ne reste que 73 jours jusqu’au 29 mars, la date à laquelle le Royaume Uni cessera, en principe, d’appartenir à l’Union européenne.  Il existe désormais une forte possibilité que cette date soit repoussée - c’est techniquement possible. Londres pourrait demander une extension au moins jusqu’au mois de juillet.

Plusieurs options sont sur la table : une renégociation de l’accord avec les 27, Londres espérant que ceux-ci se montreront plus souples après avoir vu l’hostilité du Parlement britannique. Ce n’est pas vraiment l’humeur du reste de l’Europe, mais on peut croire aux miracles.

Ce délai peut permettre deux autres portes de sortie : la première, souhaitée par l’opposition travailliste -son leader Jeremy Corbyn l’a répété hier-, est l’organisation de nouvelles élections. Corbyn espère les gagner, mais rien n’est moins sûr, le discrédit des conservateurs n’a pas réellement profité aux travaillistes. Et ça ne résoudrait pas forcément le problème européen, Corbyn étant pour le moins ambivalent sur le sujet.

L’autre porte de sortie, c’est évidemment un nouveau référendum. Les Britanniques, c’est tout à leur honneur, rechignent à s’y résoudre, en estimant que ce ne serait pas respectueux de la volonté des électeurs de 2016. On sait, en France, les dégâts causés par le non-respect du « non » au référendum constitutionnel sur l’Europe de 2005, effacé par le passage du Traité de Lisbonne par la voie parlementaire trois ans plus tard.

Mais les conditions ont changé depuis le référendum britannique de 2016 maintenant que les termes de la sortie ont été négociés, et il y aurait une logique à soumettre cet accord aux électeurs. 

Il suffit de suivre quelques heures les débats aux Communes pour constater que l’impasse est telle qu’il faudra bien que quelqu’un tranche, et ça ne peut être que les électeurs, d’une manière ou d’une autre. C’est avec ce dilemme que les Britanniques se réveilleront demain, après un ultime psychodrame aujourd’hui aux Communes.

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