Le parti chrétien-démocrate devra choisir ce weekend entre trois hommes pour le présider, et éventuellement succéder à la Chancelière Merkel après les élections législatives de septembre. L’Europe observe de près ce scrutin décisif en raison du rôle incontournable de l’Allemagne au sein de l’UE.

Préparatifs pour le Congrès de la CDU qui se tiendra ce weekend à Berlin, mais aussi en grande partie en visio-conférence, covid-19 oblige.
Préparatifs pour le Congrès de la CDU qui se tiendra ce weekend à Berlin, mais aussi en grande partie en visio-conférence, covid-19 oblige. © AFP / MICHAEL KAPPELER / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Oubliez la transition américaine, l’élection la plus importante se déroule ce weekend, mais en Allemagne. Un millier de délégués de la CDU, le parti chrétien démocrate, vont élire leur président, possible successeur d’Angela Merkel à la Chancellerie.

Difficile d’imaginer l’Allemagne sans elle, et pourtant, elle s’apprête à tirer sa révérence après les élections législatives de septembre prochain ; après un règne exceptionnel de seize années à la tête du gouvernement fédéral. Sa popularité reste intacte à près de 70% d’opinions favorables : quel autre dirigeant occidental peut en dire autant après des années au pouvoir ? Mais sa décision, prise après des résultats électoraux en demi-teinte en 2018, est irrévocable.

L’élection du Président de la CDU peut sembler anodine, mais l’Allemagne est à la fois la première économie d’Europe, et LA puissance incontournable du continent. Et, pour la France, c’est le partenaire numéro un, avec lequel le degré d’intimité politique est le plus grand, entre complicité et agacement, au fil des « couples » qui se forment entre Présidents français et Chanceliers allemands.

Le prochain leader de la CDU sera un homme, car ce sont trois candidats qui se présentent pour succéder à une femme, Annegret Kramp-Karrenbauer, la dauphine de Merkel, qui a jeté l’éponge faute d’avoir pu s’imposer.

Les délégués de la CDU devront donc choisir entre trois personnalités bien différentes : 

-       Friedrich Merz, un rival libéral de Merkel, richissime sexagénaire qui développe un discours sur l’immigration destiné à récupérer les électeurs conservateurs partis à l’extrême droite ; et aussi plus eurosceptique, plus proche des positions des États dits "frugaux";

-       Armin Laschet, chef de l’important Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, et qui s’inscrit mollement dans la continuité d’Angela Merkel ;

-       Et enfin Norbert Roettgen, un ancien ministre de l’environnement, aujourd’hui dynamique Président de la Commission des Affaires étrangères du Bundestag, l’outsider qui monte.

Mais il faut compter avec un quatrième homme qui n’est pas candidat, Markus Söder, le chef de la CSU, l’Union chrétienne sociale de Bavière, très populaire en raison de sa gestion remarquée du covid-19, et qui pourrait être le candidat commun de l’alliance CDU-CSU à la Chancellerie.

Tous les gouvernements européens attendent avec intérêt de savoir qui sera élu, car ce choix pèsera nécessairement sur l’évolution de l’Union européenne. Un exemple : c’est la conversion d’Angela Merkel, en tandem avec Emmanuel Macron, qui a permis cet été l’adoption du plan de relance européen avec une partie de dette commune. Sans Merkel, ce plan n’avait aucune chance. Pas sûr qu'un Friedriech Merz l'aurait signé.

A Paris, on se dit serein quel que soit le choix de la CDU, en misant sur la maturité des rapports franco-allemands, et sur une "évidence européenne" qui finit par s’imposer au Chancelier, quel qu’il soit. 

Mais il est clair qu’une partie du destin de l’Europe est entre les mains d’un millier de délégués de la CDU ce weekend, réunis en visioconférence, covid-oblige…

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