La firme chinoise ne pourra pas équiper la Grande-Bretagne en 5G et tous les équipements déjà installés devront être retirés avant 2027. Une claque pour Pékin.

Londres bannit Huawei
Londres bannit Huawei © AFP / DANIEL LEAL-OLIVAS

La Grande-Bretagne a donc décidé de se passer entièrement de Huawei. Et c'est un revirement. Jusqu'à présent, Boris Johnson avait autorisé les entreprises de télécommunications britanniques à s'approvisionner à hauteur de 35% de leurs équipements 5G auprès de l'entreprise chinoise.

Depuis hier, Huawei est entièrement banni du marché britannique et les opérateurs de télécoms ont jusqu'en 2027 pour retirer et remplacer tous les équipements chinois déjà installés. Défaite en rase campagne pour les Chinois.

Parce que les Chinois avaient fait de la Grande-Bretagne une sorte de test européen : contre ce fameux accord à 35%, ils avaient dépensé sans compter à Londres, notamment en ouvrant un centre flambant neuf de recherche et développement à Cambridge.

La Grande-Bretagne, test de résilience des Chinois

Pour deux raisons : la Grande-Bretagne est un des pays d'Europe les plus avancés en matière de développement de la 5G en Europe. Pour Huawei, gagner à Londres, c'était marquer des points dans le reste de l'Europe.

Or l'Europe, c'est un quart du chiffre d'affaires du Chinois. Ensuite, il a – évidemment – des considérations purement géopolitiques. Mettre la Grande-Bretagne dans son escarcelle, c'est marquer un point crucial face l'allié historique américain de Londres.

Washington a parfaitement compris l'enjeu, qui n'a cessé depuis plusieurs mois de faire pression sur Boris Johnson. En commençant par ramener dans son escarcelle un autre allié anglo-saxon : l'Australie qui depuis 2018 a banni entièrement Huawei du développement de sa 5G.

Londres se couche-t-elle devant Washington ?

D'abord, ce n'est pas parce que c'est un argument américain qu'il est mauvais. Déployer la 5G par le biais de Huawei, c'est prendre beaucoup de risques sécuritaires alors que l'entreprise chinoise est intimement lié à l'appareil de renseignements et à l'Etat chinois.

Mais ce qui a achevé de convaincre la Grande-Bretagne, c'est une conversation entre Boris Johnson et Scott Morrison, le 1er ministre australien. Ce dernier lui a raconté la cyber-attaque massive et très probablement chinoise, subie par son pays à la mi-juin.

Pour quelle raison ? Parce que l'Australie avait osé demander une enquête internationale sur les origines du Covid-19. Boris Johnson n'a pas eu aucun mal à imaginer ce qui arriverait à la Grande-Bretagne si elle passait, pour sa future 5G, sous domination chinoise.

Le sort de Hong Kong divise Londres et Pékin

Et là, il faut rendre hommage à Boris Johnson. Face au rouleau compresseur chinois qui vise à écraser toute contestation dans l'ancienne colonie britannique, le 1er ministre britannique est parvenu d'un trait de plume à sauver l'honneur de l'Occident :

Il a modifié la politique britannique de visas pour permettre à plus d'un tiers des Hongkongais de résider et travailler en Grande-Bretagne. Voire même à terme obtenir la nationalité britannique.

Les manifestants de Hong Kong réclamaient une intervention de l'Occident. Après tout – disaient-ils – nous nous battons pour la liberté et la démocratie. Nos valeurs ! Et c'est la Grande-Bretagne qui leur a répondu par l'affirmative. Quel panache 

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