Orlando et Magnanville, deux attentats revendiqués par l'Etat islamique qui pourtant perd du terrain au Moyen-Orient...

Par Anthony Bellanger

Daesh perd du terrain sur trois fronts en plus : en Syrie, en Irak et en Libye. En Syrie, la bataille de Raqqa, la capitale autoproclamée du califat, est petit à petit encerclée selon une stratégie qui s'est avérée payante : celle du boa constrictor.

En clair, pas d'héroïsme, du grignotage, les forces anti-Daech en présence joue la montre et l'étouffement. Même technique en Irak où avant de s'attaquer au gros morceau, à savoir Mossoul, les forces irakiennes reprennent Fallouja.

Ce qui est presque aussi important symboliquement : Fallouja, c'est la ville sunnite rebelle par excellence, celle qui a résisté aux Américains dès 2003 et qui était aux mains de Daech depuis janvier 2014. Une des premières à tomber.

Enfin, il y a la Libye, où – c'est un secret de Polichinelle, M. le Premier ministre - des forces spéciales françaises sont à l'œuvre au côté des libyens pour reprendre Syrte qui est aussi un symbole : c'est la ville natale de Kadhafi.

Pourtant, on a l'impression qu'au contraire, l'Etat islamique est plutôt à l'attaque qu'en retrait...

C'est tout le tragique paradoxe de cette situation : pour maintenir cette impression de victoire qui est si importante pour un mouvement messianico-apocalyptique comme Daech, il faut faire diversion de la défaite en marche au Moyen-Orient.

Et cette diversion, ça passe par le biais d'attentats meurtriers et spectaculaires. Mais je tenais à souligner un point qui montre bien l'affaiblissement, y compris terroriste, de Daech : avec Orlando ou Magnanville, on est très loin de la sophistication du 13 novembre à Paris ou même de ceux de Bruxelles.

Pour ces deux-là, il a fallu un artificier, des équipes, des frontières traversées, des voitures louées... Bref, une logistique quasi militaire. Orlando et Magnanville, c'est le degré zéro de l'organisation. C'est d'ailleurs presque plus effrayant.

Et il y a, en plus, les djihadistes qui reviennent de Syrie ou d'Irak...

C'est un autre paradoxe de cette défaite de Daech au Moyen-Orient : des dizaines de djihadistes vont reprendre le chemin de leur pays d'origine, dont la France. Mais là, je voudrais tout de même rassurer un peu nos concitoyens.

Ceux qui reviennent, sont souvent tellement traumatisés qu’ils sont incapables de reprendre les armes. En plus, on les connait, ils sont fichés. Le problème, ce sont plutôt des profils comme les auteurs d'Orlando ou de Magnanville qui n'ont jamais mis les pieds en Iraq ou en Syrie. Et là encore, c'est presque plus effrayant.

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