Où l'on voit que tous les hommes qui comptent aujourd'hui en Grande-Bretagne ont un prénom féminin.

Elisabeth, on sait. On sait qu’il y a soixante-cinq ans que la monarchie britannique est incarnée par une femme mais c’est toute la vie politique du Royaume-Uni qui est aujourd’hui entre les mains de femmes d’exception.

Il y a, d’abord, Theresa May, la Première ministre conservatrice dont rien ne déplacera jamais une mèche de cheveux, pas plus son échec aux législatives de jeudi dernier, que la violente contestation dont elle est depuis l’objet au sein de son parti ou que les tractations qu’ont maintenant ouvertes, contre elle et derrière son dos, les partisans travaillistes et conservateurs d’un compromis avec l’Union européenne.

Mme May, soixante ans, est sur un siège éjectable. Elle n’a toujours pas conclu les négociations avec le DUP, le parti unioniste d’Irlande du Nord dont elle aurait besoin pour retrouver une majorité parlementaire, mais cette fille de pasteur, favorable au mariage homosexuel et ancienne ministre de l’Intérieur de David Cameron, reste aussi inébranlable et souriante dans la tempête que si elle remontait un chemin de roses sous des applaudissements enthousiastes.

Qu’on approuve ou non ses choix politiques, cette femme a du cran mais que de dire alors de Mme Sturgeon ? Nicola Sturgeon, 46 ans, est la cheffe du Parti national écossais, celui des indépendantistes, et la Première ministre de l’Ecosse depuis 2014. C’est sous sa direction que son parti s’était adjugé 56 des 59 circonscriptions écossaises en 2015. C’est également elle qui vient d’en perdre 20 d’un coup jeudi dernier car elle avait fait peur en brandissant, contre Theresa May et son Brexit dur, la menace d’un nouveau référendum d’indépendance mais cette brillante juriste, fille d’ouvrier, n’en continue pas moins d’incarner l’Ecosse, 62% des voix contre le Brexit en 2016 et un permanent balancement entre le Royaume-Uni et la tentation indépendantiste.

Et puis il y a une autre Ecossaise et une Irlandaise.

L’autre Ecossaise, c’est Ruth Davidson, 39 ans, ancienne journaliste à la BBC et chef de file des conservateurs écossais. Visage rond, cheveux courts et défenseur d’un compromis avec l’Union européenne, Mme Davidson est aussi souriante et joviale qu’attachée à l’unité britannique et à sa compagne irlandaise avec laquelle elle envisage de devenir mère. Depuis qu’elle a fait gagner, jeudi, douze sièges écossais au Parti conservateur, beaucoup la voient, surtout, en prochaine N°1 des conservateurs britanniques.

Et puis il y a enfin la femme dont tout dépend aujourd’hui, Arlene Foster, 46 ans, chef de file des unionistes d’Irlande du Nord, protestante rigoureuse, hostile à l’avortement, au mariage homosexuel et également à la fermeture de la frontière avec l’Irlande qu’impliquerait une complète rupture avec l’Union européenne. Sans elle, Theresa May n’a pas de majorité mais, avec elle, rien ne sera facile.

Plus encore qu’une île, la Grande-Bretagne est le royaume des femmes mais, depuis la première Elisabeth, Victoria et Maggie Thatcher, c’est plus qu’une tradition.

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