Nationaliste ou pas, la coalition italienne a besoin de la solidarité du reste de l'Union

Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le 9 juin au Canada. Le président de la République reçoit le Président du Conseil italien ce vendredi à l'Élysée.
Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le 9 juin au Canada. Le président de la République reçoit le Président du Conseil italien ce vendredi à l'Élysée. © AFP / Ian Langsdon/Pool

Ça parait surprenant. Alors même qu’Emmanuel Macron a choqué les Italiens en qualifiant de « cynique » et « d’irresponsable » le refus de leur gouvernement de laisser accoster l’Aquarius et ses 600 migrants sauvés des eaux, alors même que l’Italie est simplement estomaquée d’entendre la France la critiquer de cette manière, elle qui a accueilli 700 000 réfugiés tandis qu’à l’exception de l’Allemagne, le reste de l’Union, France comprise, barricadait ses frontières, alors que rien ne va plus, en un mot, entre Paris et Rome, le nouveau président du Conseil italien, Giuseppe Conte, n’a pourtant pas annulé son déjeuner d’aujourd’hui à l’Elysée. 

     Il est en route pour Paris et sera lundi à Berlin car entre les propos de campagne et la réalité des choses, il y a comme souvent un abîme. La Ligue et le Mouvement 5 Etoiles sont arrivés aux commandes en pourfendant « Bruxelles » et dénonçant l’afflux des migrants sur les côtes italiennes mais, maintenant qu’ils sont au pouvoir, ils assurent un jour sur deux qu’il n’aurait jamais été question pour eux de sortir de l’euro et demandent l’instauration d’un système « automatique » et « obligatoire » de répartition des réfugiés entre les différents Etats de l’Union. 

     Ce qu’ils veulent, c’est ce dont ne veulent pas leurs amis des autres extrêmes-droites et mouvements nationalistes qui avaient torpillé la proposition de la Commission de faire la différence entre migrants économiques qu’il faut renvoyer dans leurs pays et réfugiés politiques auxquels chacun des Etats européens devrait ouvrir ses portes en fonction et proportion de sa situation économique. 

Bien placés pour savoir qu’aucun des 27 ne peut faire face à cette crise à lui seul, les Italiens, tous les Italiens y compris cette coalition souverainiste, demandent une solidarité européenne que les autres gouvernements et courants nationalistes refusent et qui ne peut s’organiser sans le soutien de Paris et Berlin. 

Emmanuel Macron a fait de la politique intérieure, un coup à droite en ne proposant pas d’ouvrir un port à l’Aquarius, un coup à gauche en dégainant contre la coalition italienne. La Ligue et les 5 Etoiles en avaient fait autant pendant leur campagne et en fermant leurs ports à ce radeau de la Méduse mais, bon… 

Il faut maintenant passer aux choses sérieuses, trouver des solutions et non plus gesticuler, et c’est ainsi que M. Conte déjeune à l’Elysée avant son rendez-vous de Berlin où l’attend une chancelière en vraies difficultés avec ses alliés de la CSU, la droite de la droite, dont les voix lui sont indispensables.

Formation bavaroise, la CSU s’inquiète d’une percée de l’extrême-droite aux élections régionales d’octobre prochain et affaiblit donc Mme Merkel en faisant de la surenchère sur l’immigration.   

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