La libre circulation est rétablie entre Européens à partir de ce 15 juin, mais la pandémie continue de sévir dans d’autres parties du monde, au risque de ressurgir en Europe aussi.

Les frontières européennes rouvrent ce 15 juin, signe de l’amélioration de la situation de la pandémie sur le continent.
Les frontières européennes rouvrent ce 15 juin, signe de l’amélioration de la situation de la pandémie sur le continent. © AFP / Matteo Trevisan / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les Européens peuvent être excusés s’ils pensent que la pandémie de covid-19 est en train de devenir un mauvais souvenir. L’Europe est pourtant devenue l’exception plutôt que la règle dans un monde qui est loin d’en avoir fini avec le coronavirus.

L’amélioration de la situation en Europe continentale est toutefois telle que la libre circulation va reprendre ses droits aujourd’hui après la parenthèse du confinement, même s’il est peu probable que les échanges reprennent très vite. La prudence restera de mise.

Symbole de ce changement, 47 vols cette semaine vont amener quelque 10 000 touristes allemands aux Baléares, un premier test des vacances au temps du coronavirus ; et ce, alors même que les frontières espagnoles resteront officiellement fermées aux autres pays d’Europe une semaine de plus, jusqu’au 21 juin.

La cacophonie qui avait marqué le début de l’épidémie sur le continent, avec des fermetures unilatérales de frontières, a cédé la place à un reflux en meilleur ordre, coordonné par la Commission européenne. Ca n’est pas encore parfait, il reste des exceptions, mais il y allait de la crédibilité fragilisée de l’Union.

L’Europe ne tourne pas vraiment la page du coronavirus, mais le continent qui était devenu l’épicentre de la pandémie a réussi à en freiner suffisamment la transmission pour permettre ces avancées. 

Mais tout l’enjeu de la reprise progressive des échanges entre pays est de réussir au niveau du continent ce qui a été réussi presque partout au niveau national, c’est-à-dire la mise en place de la capacité à déceler, tester et isoler les foyers d’infection.  C’est ce qui a manqué au début et nous a contraint au confinement, et qu’il ne faut pas rater dans cette nouvelle phase d’abord européenne, puis avec le reste du monde à partir du 1er juillet.

C’est d’autant plus délicat que la situation sur les autres continents est des plus inquiétantes. Le nombre de nouveaux cas quotidiens de contaminations n’a jamais été aussi important, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé.

Le voyage du virus d’un continent à l’autre a bousculé l’Europe, qui n’était préparée, ni sur le plan sanitaire, ni mentalement, à affronter cette épreuve. A la différence de pays comme la Corée du Sud ou Taiwan, qui, frappés par le SRAS en 2003, avaient tiré les leçons.

Mais ensuite, la qualité des systèmes médicaux, les décisions de confinement et la discipline des sociétés ont fait la différence. L’Europe a surmonté la première phase de l’épidémie, mais celle-ci a poursuivi sa route, d’abord aux États-Unis, toujours pas sortis d’affaire.

Mais c’est l’Amérique latine qui est le nouvel épicentre, en particulier le Brésil qui paye chèrement la gestion de Jaïr Bolsonaro. Quant à l’Afrique, longtemps protégée, elle voit une hausse importante du nombre de cas. La Chine a reconfiné certains quartiers de Pékin après la découverte d’un foyer, et l’Inde est à son tour massivement touchée.

L’Europe a une double responsabilité : éviter une deuxième vague, et aider les pays les plus démunis à combattre le virus, notre sécurité dépend de la réussite de ces deux objectifs.

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