Invité aux cérémonies du soixantième anniversaire d’Israël, Georges Bush est depuis hier à Jérusalem. Il sera, demain, en Arabie saoudite pour y appeler à une augmentation de la production pétrolière susceptible d’enrayer l’envolée des cours. Il se rendra, après demain, en Egypte pour y rencontrer le président palestinien et le premier ministre libanais, l’un et l’autre en butte à leurs islamistes. Le président américain se montre au Proche-Orient mais il ne pourra qu’y constater le total échec de ce qui fut son ambition régionale. A huit mois de la fin de son mandat, ce n’est pas à une stabilisation du monde arabo-musulman qu’on assiste et moins encore à sa démocratisation. L’Afghanistan est toujours plus fragilisé par la résurgence des Taliban. Le Pakistan replonge dans l’incertitude, avec l’éclatement de la coalition sortie de ses dernières élections. L’Iran poursuit sa marche vers l’arme atomique tandis que son président continue de multiplier les déclarations les plus incendiaires. Le Liban ne parvient ni à trouver un équilibre intérieur entre ses communautés ni à s’arracher aux influences de Damas et de Téhéran. En Irak, l’impasse est profonde et les négociations israélo-palestiniennes, enfin, sont vraiment loin d’avoir pris l’élan annoncé, en novembre, à Annapolis. Encore affaibli par les enquêtes en cours sur le financement de ses campagnes électorales, le premier ministre israélien, Ehud Olmert, n’est guère en position d’alléger les barrages militaires en Cisjordanie et d’y arrêter, surtout, le développement des implantations israéliennes. Mahmoud Abbas, le président palestinien, est complètement impuissant, quant à lui, à mettre fin aux tirs de roquettes qui frappent Israël pour la bonne raison que ces tirs partent d’un territoire, la bande de Gaza, dont le Hamas a pris l’entier contrôle. Ni l’un ni l’autre ne peuvent ainsi créer le climat de confiance qui leur permettrait d’annoncer les concessions connues que chacun des deux camps devra faire mais cela ne veut pas déjà dire, pour autant, qu’il ne se passerait et ne passera rien. Si ces négociations ont été renouées, c’est parce que la direction palestinienne, Israël, les pays arabes et les grandes puissances, Etats-Unis en tête, ont maintenant deux ennemis communs, l’Iran et la radicalisation islamiste, qui les unissent dans une peur commune, mère d’une réelle volonté de régler ce conflit. Le moins qu’on puisse dire est que ces derniers mois n’ont rien fait pour les rassurer et il n’est donc toujours pas impossible qu’Israéliens et Palestiniens parviennent, malgré tout, avant la fin de l’année, à un accord de principes sur ce que devrait être la paix à réaliser plus tard. Ce serait mieux que pas d’accord du tout mais l’heure tourne. Le temps manquera bientôt.

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