« Absolument pas », non, la Maison-Blanche ne se sent pas assiégée, a du déclarer hier son porte-parole mais elle l’est, pourtant, bel et bien. Elle l’est par les questions des journalistes et les accusations de mensonges et d’abus de pouvoir brandies par l’opposition républicaine à propos de trois affaires qui placent la présidence sur la défensive.

Le fisc américain, premier point, a eu la très choquante idée de tout particulièrement cibler dans ses enquêtes les organisations et personnalités du Tea party, l’aile droite du parti républicain hostile à l’Etat et aux impôts. L’administration fiscale a reconnu les faits et présenté ses excuses. Totalement indépendante, elle n’a nullement agi sur instructions de l’exécutif mais tenté de coincer, de sa propre initiative, un courant politique qui la dénonce comme l’incarnation du mal. Barack Obama a lui-même qualifié ces faits de « scandaleux » La Maison-Blanche n’est en rien impliquée mais ce scandale ne l’atteint pas moins car le président est le chef de l’Etat dont une administration a commis une faute grave.

La Maison-Blanche, deuxième point, aurait délibérément voulu nier que l’attaque de septembre dernier contre le consulat américain à Benghazi – attaque dans laquelle l’ambassadeur des Etats-Unis et trois de ses collaborateurs avaient été tués – avait relevé du terrorisme organisé. Elle l’aurait voulu parce que Barack Obama était alors en pleine campagne présidentielle, que la mort d’Oussama ben Laden était l’un de ses atouts face aux Républicains et que cette résurgence du terrorisme aurait pu l’affaiblir. Là, les faits sont moins certains car la confusion sur les circonstances de cette attaque avait été grande mais Barack Obama aurait menti ou laissé mentir ses porte-parole et le mensonge est, aux Etats-Unis, aussi moralement inadmissible que l’est l’adultère.

Et puis, troisième point, l’exécutif est accusé d’avoir attenté à la liberté de la presse pour avoir épluché les relevés téléphoniques de journalistes de l’agence AP qui avaient révélé une tentative d’attentat déjouée par les services secrets américains. « Secret des sources », disent les uns. « Nécessité de déterminer l’origine de fuites pouvant porter atteinte à la sécurité nationale », disent les autres mais la presse comme la majorité républicaine ont tranché : « Violation de la Constitution qui garantit la liberté d’expression ».

Normalement, rien de tout cela ne devrait aller bien loin car il n’y a, nulle part, ni crime ni délit imputable au président mais la concomitance de ces trois affaires est problématique pour la Maison-Blanche parce qu’elle redonne de l’allant aux Républicains qui se relevaient mal de leur défaite de novembre ; qu’elle donne du grain à moudre à la presse qui manquait de sujets sur lesquels exercer son pouvoir en se faisant acteur du jeu politique et que Barack Obama, surtout, parait flotter un peu, face à un Congrès qui bloque toutes ses initiatives.

Aux Etats-Unis comme en France en ce moment et dans tout pays libre, lorsque l’actualité politique est molle, que l’austérité crée le malaise et qu’on ne voit plus très bien où le président va, la moindre affaire, et trois a fortiori, prend des proportions disproportionnées.

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