Tout était prévisible. Les conséquences en sont compréhensibles et tout cela n’est que tragédie. Après un quart de siècle ou presque de blocage du processus de paix - un blocage dont les responsabilités sont, au demeurant, largement partagées - il était logique que les Palestiniens en reviennent à la violence puisque la négociation ne donne rien et que les colonies ne cessent de se développer dans les Territoires occupés.

Les Palestiniens ont donc inventé « l’Intifada des couteaux », non plus des actions collectives auxquelles l’armée israélienne puisse répondre, mais une guerre individuelle menée par des individus qui sortent soudain de la foule pour frapper à l’arme blanche, au cocktail Molotov ou à la voiture bélier lancée contre des arrêts de bus. C’est d’une redoutable efficacité car comment prévoir de qui, d’où, quand viendra le coup ?

Les autorités israéliennes ne le peuvent évidemment pas et la seule réponse qu’elles aient pu trouver est de faire tirer sur les agresseurs pour les tuer sur place et, maintenant, de boucler les quartiers palestiniens quand la tension devient trop forte. Cela ne résoudra rien. Cela n’arrangera rien. Cela semble, au contraire, susciter chaque jour de nouvelles vocations de kamikazes face auxquelles les Israéliens réagissent en se ruant, individuellement eux aussi, sur les armureries pour pouvoir au moins se défendre.

C'est à une catastrophe que cela mène. A ce rythme, c’est tout Israël qui pourrait bientôt se transformer en village de western où chacun tire sur chacun. Pire encore, dans une tel climat, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, risque d’être bientôt débordé par les extrêmes-droites avec lesquelles il gouverne. Les droites nationalistes et religieuses ont maintenant beau jeu de dire que, si les Palestiniens veulent la guerre, il ne faut pas la refuser mais l’engager, étendre les colonies et annexer les Territoires.

Benjamin Netannyahou est assis sur le frein car il sait bien que cela ne ferait qu’isoler un peu plus Israël sur la scène internationale mais il n’est plus certain que son gouvernement résistera à cette épreuve et nul ne sait ce que donneraient de nouvelles élections.

Israël marche sur un fil mais que dire des Palestiniens ? Ils ont trouvé, oui, une tactique imparable. Ils peuvent porter de vrais coups, de terribles coups, aux Israéliens qu’ils sont en train de rendre fous mais qu’y gagneront-ils ?

Au mieux, rien si ce mouvement finit par s’épuiser. Au pire, un vrai virage de l’électorat israélien vers l’extrême-droite et ses fausses solutions et là, les Palestiniens découvriront qu’ils sont seuls car qui volerait alors à leur secours ?

Le Hezbollah libanais est bien trop engagé en Syrie, aux côtés du régime Assad, pour pouvoir ouvrir un second front à la frontière nord d’Israël. Quant aux pays sunnites, leur principal adversaire est aujourd’hui l’Iran chiite contre lequel ils sont, de fait, alliés à Israël.

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